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Enseigner les droits de la personne

Introduction

Le terme « droit de la personne » réfère à beaucoup de choses. Certains individus associent le terme aux droits qui sont nécessaires à la survie de la personne, soit les besoins essentiels (nourriture, abri et soins médicaux). D’autres croient que les droits de la personne signifient avoir le droit de parler contre le gouvernement, d’exprimer son opinion librement sans aucune crainte, de pratiquer la religion de son choix et de se rencontrer en groupes afin d’échanger des idées et de faire des plans. Tandis que pour d’autres, les droits de la personne sont synonymes de la protection contre la discrimination.

Les droits de la personne comprennent tous ces droits et libertés. Il s’agit des droits dont nous pouvons nous prévaloir tout simplement parce que nous sommes humains. Le point commun de ces droits et libertés est qu’ils nous permettent tous de vivre dans le respect.

Une définition générale des droits de la personne pourrait être : droits dont tous les individus du monde sont titulaires afin de conserver leur dignité, de vivre dans l’égalité et d’avoir recours à la justice. Il s’agirait donc du droit de rester en vie en se nourrissant, le droit à un abri, à un emploi, à des soins médicaux, à l’éducation, le droit de participer à la vie politique, sociale et religieuse, le droit d’être protégé de tout traitement injuste et de toute discrimination.

Les droits humains que nous avons aujourd’hui provenaient à l’origine des conséquences terribles de la Deuxième Guerre mondiale. L’horreur des tueries, de la torture, de l’esclavage et les dommages causés par le piétinement de presque tous les droits et libertés imaginables lors de la guerre ont incité la création de la Déclaration universelle des droits de l’homme (annexe 1). Elle fut unanimement adoptée par l’Assemblée nationale des Nations Unies le 10 décembre 1948 et était « l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations ».

La Déclaration universelle des droits de l’homme comporte 30 articles qui reconnaissent la dignité inhérente et les droits égaux de chacun des membres d’une famille. Il s’agit en fait d’un « contrat social » entre les individus. La Déclaration universelle des droits de l’homme n’est pas un document juridique. Cependant, c’est la source d’inspiration de plusieurs constitutions et lois dans le monde, y compris la Charte canadienne des droits et libertés (annexe 3). La Déclaration universelle des droits de l’homme est l’élément de base de l’enseignement des droits de la personne.

Au Canada, les gouvernements provinciaux et fédéral ont adopté des lois concernant les droits et libertés. Le Saskatchewan Human Rights Code est un exemple de législation provinciale; il interdit la discrimination envers les individus dans des secteurs tels l’emploi, l’habitation et l’éducation et protège les libertés fondamentales de tous les citoyens.

Toutes les provinces et les territoires ont une législation semblable concernant les droits de la personne. Il y a aussi la Loi canadienne sur les droits de la personne qui est une loi fédérale et donc concerne les employés du gouvernement fédéral, les employés des banques et les employés de la Gendarmerie royale du Canada.

La Charte canadienne des droits et libertés de la personne est probablement la législation la plus importante pour les citoyens canadiens. La Charte est entrée en vigueur le 17 avril 1982. Elle protège les Canadiens des actions gouvernementales en défendant la liberté d’expression, de religion, d’association, le droit à la mobilité, les droits démocratiques et le droit à l’égalité. La Charte canadienne des droits et libertés de la personne s’assure que les gouvernements provinciaux et fédéral respectent les droits des Canadiens au moment d’édicter une loi, d’intervenir ou de prendre une décision.

L’enseignement des droits de la personne

Le deuxième paragraphe de l’article 26 de la Déclaration universelle des droits de l’homme énonce que :

L’éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

La Déclaration universelle des droits de l’homme n’est pas un document obligatoire en droit. Cependant, « favoriser la compréhension, la tolérance et l’amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux » est logique.

L’objectif général de l’enseignement des droits de la personne est de susciter l’intérêt pour le respect des droits de l’homme en offrant aux élèves une connaissance sur ces droits et de leur inculquer le respect dont les principes sont la dignité, la justice et l’égalité. L’enseignement des droits de la personne va au-delà de l’énonciation des droits afin de donner aux élèves le sens du devoir, de respecter les différences et de protéger les droits des autres.

À l’origine, l’enseignement des droits de la personne visait à augmenter la compréhension et l’acceptation de la diversité culturelle.

On croyait que si les enfants connaissaient la manière de vivre des autres cultures, ils seraient plus tolérants et respectueux. L’enseignement ne visait que très peu l’empathie. Aujourd’hui cependant, nous savons que pour atteindre les objectifs de l’enseignement des droits de la personne, il faut sensibiliser les élèves à la justice et à l’équité.

En 1978, au Congrès international sur l’enseignement des droits de l’homme, tenu par le Directeur général des droits de l’homme, le Canada a pris l’engagement de mettre en place des programmes d’enseignement des droits de l’homme, et ce avant 1986. Cet engagement était fondé sur le deuxième paragraphe de l’article 26.

L’enseignement des droits de l’homme nécessite plusieurs compétences sociales et pédagogiques. En étudiant les droits de la personne, les élèves sont amenés à tirer des conclusions. Ils améliorent donc leur jugement rationnel, leur pensée critique et leurs croyances morales. Ils apprennent aussi à exprimer leurs idées et leurs conclusions de manière claire tant à l’écrit qu’à l’oral. Les discussions sur la violation des droits de l’homme mèneront souvent à des discussions concernant les actions politiques nécessaires afin d’éliminer la discrimination et l’injustice. Le fait de reconnaître le pouvoir et l’influence des actions bien fondées du gouvernement est un outil important pour tous les citoyens.

La connaissance des droits et des conséquences juridiques permet d’envisager des méthodes pour faire front à la discrimination et aux autres atteintes aux droits. Cela est clairement illustré à l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés de la personne. L’article 33 est la disposition d’exemption. Elle permet aux gouvernements provinciaux et fédéral d’adopter des lois qui contreviennent à la liberté fondamentale, aux garanties juridiques ou à l’égalité en autant que le gouvernement ait édicté une loi qui déclare expressément l’intention de déroger à une protection spécifique de la Charte.

Il est important que les citoyens connaissent leurs droits afin dissuader le gouvernement à utiliser la disposition d’exemption, à moins de circonstances extraordinaires.

L’enseignement des droits de la personne donne de l’importance aux principes d’égalité, de justice, de liberté et de respect des autres. Dans l’univers complexe des jeunes, la paix peut aussi bien dépendre du succès à inculquer aux jeunes Canadiens le sens de la tolérance et la reconnaissance que la violation aux droits humains est la responsabilité de chacun.

Ressources
Des efforts ont été consacrés afin d’offrir des références utiles et appropriées aux textes.

Les objectifs

Habiletés de base

En plus d’enseigner des habiletés de base, les objectifs du guide sont nombreux.

Comprendre et établir des relations avec les autres :

  1. Agir dans la croyance que chaque individu mérite d’être respecté.
  2. Agir en reconnaissant que chaque personne a des valeurs, des comportements et des habitudes qui diffèrent.
  3. Interagir et se sentir à l’aise avec les personnes dont la race, la religion, les conditions et les qualités personnelles sont différentes.
  4. Développer un sens des responsabilités envers les autres.

Développement du moi psychologique

  1. Avoir une bonne estime de soi.
  2. Apprécier ses propres habiletés et ses limites.

Développement spirituel

  1. Respecter la famille, la religion et la culture d’une société multiraciale.

Affiliation à la société

  1. Assumer les conséquences de ses propres actions.
  2. Travailler avec les autres pour atteindre des objectifs de groupe et individuels.
  3. Respecter les droits et la propriété d’autrui.
  4. Agir avec honnêteté, intégrité, compassion et équité.
  5. Travailler pour obtenir une meilleure justice sociale.
  6. Respecter les lois et l’autorité.
  7. Exercer le droit à la liberté d’opinion de manière responsable.

Les résultats d’apprentissage

Communication

  1. Exprimer une opinion.
  2. Écouter l’opinion des autres.

Pensée critique et créative

  1. Développer une pensée critique et un jugement en étudiant des cas.
  2. Évaluer de manière critique l’application des droits de la personne (plus particulièrement la tolérance et la discrimination) dans notre société.
  3. Analyser les conflits entre deux arguments.

Initiation à la technologie

  1. Comprendre les mécanismes juridiques d’application des droits dans les provinces, au pays et au monde.

Valeurs et habiletés personnelles et sociales

  1. Respecter les différences culturelles et les autres élèves.
  2. Développer des mécanismes de résolution de conflit.
  3. Travailler en groupe de manière harmonieuse.
  4. Assumer les conséquences de ses propres actions.
  5. Développer un sens des responsabilités envers les autres.
  6. Comprendre que certains individus ont des besoins différents et ce en raison d’une invalidité ou de leur religion.
  7. Développer de la compassion pour ceux dont les droits de la personne n’ont pas été respectés.

Apprentissage individuel

  1. Être motivé à apprendre au sujet des droits de la personne en appliquant la loi à des situations personnelles.
  2. Inciter l’apprentissage personnel en faisant une Déclaration des droits comme exercice en classe.

L’intégration dans le programme éducatif

L’enseignement des droits de la personne est un supplément au programme éducatif. L’enseignement n’est pas destiné à être fait de manière individuelle mais plutôt à être intégré à d’autres matières et à tous les groupes d’âge. Par exemple, les sciences humaines de la cinquième année peuvent avoir un chapitre sur la citoyenneté alors que les élèves de deuxième année peuvent avoir un chapitre sur la famille, et les élèves de douzième peuvent étudier la littérature canadienne en abordant des thèmes tels l’immigration, l’isolation et l’oppression. Il est très important que le professeur établisse un climat propice à l’enseignement des droits de la personne. Les objectifs principaux devraient être la tolérance et la compréhension. Il devrait être bien entendu que des paroles stéréotypées et blessantes ne sont pas acceptées. Les groupes devraient être formés par le professeur et non au libre choix des élèves. Des activités en cercle où chaque élève parle à son tour font en sorte que même les plus timides auront le droit de parole.

Le guide a cinq chapitres et de nombreuses activités. Les chapitres représentent la progression de l’apprentissage des droits de la personne. Les concepts enseignés dans les premiers chapitres sont destinés aux plus jeunes. Ils sont la base des activités enseignées au cours des autres chapitres. Donc si les élèves ne comprennent pas les activités qui leur sont destinées, les activités pour les plus jeunes peuvent être adaptées. Les professeurs doivent lire le guide et prendre leur propre décision quant à la pertinence des activités pour leurs élèves.

L’enseignement des droits de la personne est déjà en pratique à différents degrés dans toutes les écoles, peut-être même sans que les professeurs ne s’en rendent compte. Les principes des droits de la personne tels la justice, l’égalité et le respect ne sont pas inconnus des professeurs. Les problèmes auxquels font face quotidiennement les professeurs, comme le manque d’esprit sportif et la discrimination fondée sur le sexe concernent les droits de la personne.

À tout âge, l’enseignement des droits de la personne doit faire partie de l’éducation de l’enfant. L’approche dépendra du développement moral et cognitif de l’enfant. L’enseignement des droits de la personne ne doit pas aller au-delà de la compréhension de l’enfant. Pour que l’enseignement des droits soit réussi, il doit débuter tôt et de manière appropriée.

L’enseignement des droits de la personne doit se faire de manière active afin d’encourager la tolérance et de prévenir les conflits. Les cours de sciences humaines, de langue et de droit semblent être les meilleurs moments pour enseigner les droits de la personne. Cependant, l’enseignement ne se limite pas à ces cours. Beaucoup d’enjeux se présentent dans d’autres matières, des enjeux tels le droit à un environnement sécuritaire, le droit à un niveau de vie satisfaisant et le droit de participer à des activités sportives sans égard au talent. L’enseignement des droits de la personne est donc présent dans l’école, les salles de cours et les cours d’école. Ils ont un rôle à jouer sur la manière dont les élèves traitent les professeurs et les autres élèves.

La Déclaration universelle des droits de l’homme, acceptée internationalement comme la norme des droits humains, peut être utilisée afin de vérifier à quel point les droits sont respectés. La Déclaration des droits de l’enfant et la Convention relative aux droits de l’enfant peuvent susciter des discussions réfléchies au sujet des besoins spéciaux de l’enfant. L’application de ces documents est pratique à tout âge, car ils incitent à la justice, à l’égalité et au respect des différentes cultures. La terminologie de ces documents doit cependant être simplifiée pour les plus jeunes.

En résumé :

  1. Ce guide est complémentaire au programme éducatif.
  2. Les droits de la personne devraient être étudiés dans différents contextes et à différents âges. Les droits de la personne ne devraient pas être étudiés de manière indépendante.
  3. Les professeurs devraient suivre l’ordre des chapitres de ce guide.
  4. Ce ne sont pas toutes les activités de ce guide qui seront appropriées pour tous les groupes d’âge. Le professeur doit décider de ce qui est approprié.

Stratégies d’enseignement

Voici des exemples de stratégies d’enseignement qui ont fait leurs preuves. Toutes ces stratégies sont utilisées dans différentes activités de l’enseignement des droits de la personne.

1. Le dialogue socratique
Le rôle du professeur est de questionner les élèves et de les aider à se former une opinion et à développer une argumentation raisonnée. Socrate croyait que l’activité mentale de l’élève était essentielle à l’apprentissage et que la connaissance devait être une expérience avant d’être acquise.

La méthode socratique peut être utilisée de manière efficace dans des activités telles les discussions de groupe, les tutorats en groupes et les séminaires.

Il s’agit d’une stratégie d’enseignement très efficace pour démontrer la discordance. Elle peut être utilisée pour montrer aux élèves que leurs opinions ont contredit un droit de la personne. Par exemple, certains élèvent peuvent être d’avis que les filles ne devraient pas avoir le droit de jouer au hockey. Ces mêmes élèves peuvent cependant être d’avis que tous sont égaux et ont droit aux mêmes avantages. En utilisant le dialogue socratique, les élèves sont forcés de réévaluer leurs opinions. Lorsqu’ils font face à des croyances contradictoires, les élèves peuvent remettre en question leurs stéréotypes et leurs préjugés. Cette méthode peut aussi amener les élèves à se remettre en question sans les mettre sur la défensive.

La Déclaration universelle des droits de la personne est un document auquel les professeurs devraient se référer lorsqu’ils sont confrontés à des commentaires préjudiciables. Ils peuvent renvoyer l’élève à l’article approprié. Si les élèves ont rédigé une « charte des règlements et responsabilités », ils peuvent être invités à la lire lorsque leur comportement y contrevient.

2. La simulation
L’activité de simulation place les participants dans une situation hypothétique. Un après l’autre, les participants sont invités à réagir à une situation, un acte ou un problème qui a été choisi dans un environnement simulé.

Cette méthode d’enseignement favorise l’imagination, l’ingéniosité, la créativité et la pensée critique des élèves en les plaçant dans des situations souvent connues dans la vie de tous les jours. Les élèves doivent trouver des solutions tout en considérant les moyens et les comportements à adopter. Cela incite les élèves à s’exprimer sur leurs opinions, valeurs et croyances.

3. Les jeux de rôle
Jouer un rôle qui contredit le point de vue des élèves peut augmenter l’acceptabilité de ce rôle de la part des élèves. Dans ce guide, les élèves sont invités à jouer des rôles tels qu’un éditeur qui appui un individu ou un groupe dont les droits ont été brimés. Les élèves devraient donc expliquer en quoi le traitement contredit le droit de liberté et apporter des solutions ou alternatives. Les jeux de rôles permettent aux élèves de se mettre « dans la peau de quelqu’un d’autre ». Les élèves qui choisissent des rôles qui sont contraires à leurs croyances ont plus de chances de montrer un changement d’attitude.

4. Remue-méninges
Le but de cette méthode d’enseignement est de provoquer des idées sans censure. Les élèves sont encouragés à participer, mais ils ne sont pas obligés. Le plus important est de ne pas juger les réponses. Les suggestions des élèves sont inscrites sur le tableau. Seul des mots ou des éléments importants y sont inscrits, laissez tomber les phrases complètes. Essayez de retenir les idées de tous les élèves.

Le professeur peut commencer en donnant une idée loufoque pour que les élèves comprennent qu’il est permis de dire tout ce qui leur passe par la tête. Les idées les plus folles sont parfois les plus utiles. Ensuite, le professeur et les élèves regardent toutes les suggestions afin de décider quelles sont celles qui sont le plus appropriées. Le professeur doit aider les élèves à mettre les suggestions en sous-groupes et en rassemblant les idées qui sont semblables.

Directives pour les remue-méninges

Il est permis de :

  • dire tout ce qui me passe par la tête
  • avoir la même idée que d’autres
  • ajouter ou changer un peu l’idée de quelqu’un d’autre
  • ne pas parler
  • attendre un peu avant d’avoir une idée

Il n’est pas permis de :

  • critiquer les idées des autres
  • de discuter des idées avant le temps
  • de parler en même temps que quelqu’un d’autre

Commentaires :

  • L’élève peut être silencieux. Les gens ont parfois besoin de temps pour réfléchir.
  • L’élève peut attendre et apporter une autre solution plus tard.
  • Les commentaires méchants ne doivent pas être acceptés.

5. Méthode d’enquête
Les élèves doivent faire une recherche. Cette méthode les encourage à se créer leur propre opinion et augmente leur connaissance du sujet étudié.

6. Les expériences des autres
Les films, les émissions de télévision, le théâtre, les livres et toutes les autres formes de culture populaire peuvent être utilisées pour aider les élèves à s’identifier. Il s’agit peut-être de la meilleure méthode pour augmenter la tolérance et diminuer les préjugés. C’est aussi l’opportunité idéale pour utiliser le matériel avec lequel les élèves sont déjà familiers. Habituellement, nous accordons plus d’importance aux personnages qui sont traités de manière injuste. Cependant, il faut être prudent lorsque les thèmes de la souffrance et de la violence sont abordés. D’autant plus s’il y a un sentiment d’hostilité à l’égard de ceux qui sont mal traités. La violence et la persécution peuvent pousser les jeunes à s’identifier au persécuteur. La violence et la persécution ne doivent jamais être valorisées.

7. La méthode du journal
Une méthode pour aider les élèves à exprimer leurs pensées au sujet de la complexité et des paradoxes des droits de la personne est de leur demander d’écrire un journal. Cela leur permet de faire de l’auto réflexion sur des problèmes auxquels ils n’ont pas de solutions. Le processus de la stratégie est plus important que le produit. Il est donc suggéré de ne pas évaluer les journaux mais plutôt de féliciter les élèves qui en tiennent un. Le journal est un document confidentiel que seul le professeur a le droit de lire.

Quelques conseils

Voici quelques conseils qui peuvent vous être utiles pour enseigner les droits de la personne. Ils vous sont proposés par des professeurs qui les enseignent déjà.

  • Ne pas toujours essayer d’être objectif. En essayant de toujours être objectif, le professeur peut finir par encourager même les opinions contraires aux droits de la personne. Il est important de parfois contester des opinions.
  • Reconnaître l’inconfort. Il se peut qu’un professeur ne soit pas à l’aise avec un certain sujet. En reconnaissant votre inconfort et l’inconfort des élèves, les plus jeunes comprendront que leur gêne par rapport à certains sujets est légitime.
  • Écouter. Il est important de laisser les élèves s’exprimer et ce même si parfois leurs points de vue sont erronés. Cela vous aide à les comprendre. Il est préférable d’émettre une opinion erronée que de ne pas s’impliquer du tout. En laissant les jeunes parler, la confiance s’établit et le taux de participation augmente.
  • Utiliser prudemment les images. Les professeurs peuvent faussement assumer que les jeunes élèves sont assez matures pour parler des infractions graves des droits de la personne. Des images de torture et d’autres infractions aux droits peuvent rendre les jeunes élèves confus et susciter la peur. Il est mieux d’être trop prudent et ainsi éviter les fausses représentations.
  • Encourager la participation. En encourageant les élèves à participer à l’évolution sociale par des activités telles que travailler avec les personnes âgées, aider les personnes atteintes d’une incapacité physique ou s’impliquer dans le nettoyage de la communauté, les jeunes se rendent compte qu’ils peuvent faire une différence.
  • Saisir l’opportunité. Saisir les opportunités de parler des droits de la personne. Des conversations non officielles et des projets de recherche indépendants contribuent au succès de l’enseignement. Souvenez-vous qu’il est essentiel d’établir un climat agréable dans la classe avant d’aborder les droits de la personne.
  • Encourager l’apprentissage au lieu d’imposer des connaissances. L’objectif de développer de l’empathie chez les élèves ne peut être atteint qu’en leur donnant de l’information. Il sensibilise les élèves à la justice et à l’équité.
  • Avoir de l’humour. Des illustrations drôles et créatives activent l’imagination et attirent l’attention des élèves. Les élèves devraient s’amuser le plus possible. Les droits de la personne sont, en quelque sorte, une célébration de l’humanité.
  • Partager ses idées. Partager ses méthodes d’enseignement des droits de la personne avec les autres professeurs. Les parents et les autres membres de la communauté peuvent souvent être d’une grande aide grâce à leur participation et à l’apport de leur expertise.

Évaluation

Lorsque le professeur évalue l’apprentissage des élèves, il doit s’assurer de ne pas accorder trop d’importance aux éléments théoriques. Il est difficile d’évaluer l’apprentissage des droits de la personne; il n’y a pas de moyen de vérifier l’acquisition de l’empathie. Les évaluations formatives sont recommandées. Le processus est plus important que le produit. Les éléments importants sont de participer dans les activités, faire preuve de tolérance et d’équité dans la classe et travailler volontairement pour l’avancement des droits humains.

Tous les élèves devraient comprendre ces notions :

  1. Tous les humains ont les mêmes besoins, y compris les besoins physiques, sociaux, politiques et affectifs.
  2. Tous les humains ont les mêmes besoins sans égard à la race, à la culture, à la religion ou à une incapacité.
  3. Certaines personnes ont besoin de services particuliers en raison d’une incapacité physique ou de leur religion.
  4. Il est important de tolérer et d’accepter les différences pour bien vivre en société.
  5. Les droits de la personne sont garantis par la Déclaration universelle des droits de la personne, la Charte canadienne des droits et libertés de la personne et la Loi canadienne sur les droits de la personne.

Comment utiliser le guide?

Le guide est un complément aux autres matières enseignées. Il a été conçu pour être utilisé par toutes les années. Lorsque les élèves deviennent plus matures, leur vision du monde s’élargit. Le tableau suivant montre le développement de la compréhension des droits de la personne.

Année

Notions

Références

Maternelle à la 3e année
Unité I

  • les règlements
  • l'équité
  • la coopération
  • le respect
  • les conséquences

Les règlements dans la classe
La Déclaration des droits de l'enfant

4e à 6e années
Unité II

  • le droit
  • les responsabilités communautaires
  • les responsabilités sociales

La Déclaration universelle des droits de la personne
La Charte canadienne des droits et libertés de la personne
La Convention relative aux droits de l'enfant

7e et 8e année
Unité III

  • la discrimination
  • la justice
  • la responsabilité générale

Les codes de lois provinciales

École secondaire
Unité IV et V

  • le droit international
  • la répression politique
  • la responsabilité morale
  • la responsabilité environnementale

La Convention des Nations-Unis
La Charte des droits et libertés de la personne

 

Les unités de ce guide suivent le développement de l’enfant. L’unité 1 est axée sur la justice et l’équité. Les règlements de l’enfant à la maison, à l’école et dans la communauté sont abordés. L’unité 2 introduit quelques-uns un des documents qui protègent les droits de la personne. L’unité 3 traite de la discrimination. L’unité 4 examine le droit international. Finalement, l’unité 5 étudie l’application de la Charte.

Les unités se rapportent aux unités précédentes. Si les élèves les plus âgés n’ont pas les connaissances nécessaires, il est important d’adapter les premières unités.

Distribution d’exercices
Une série d’exercices est comprise

Unité I : Être humain

Cette unité explore le monde des humains et accorde une importance particulière à la confiance qu’ils doivent avoir entre eux afin de protéger les droits humains.

L’unité I prévoit des activités qui expliquent aux élèves leur rôle individuel dans la communauté humaine. Dès les premières années d’école, les élèves apprennent à travailler en collaboration, à être juste et à respecter les règlements de l’école. Les activités de cette unité sont axées sur l’environnement de l’enfant à la maison et à l’école.

Les objectifs

  1. Identifier les qualités et les besoins des humains.
  2. Examiner les caractéristiques physiques qui font de nous des humains.
  3. Examiner les caractéristiques émotives qui font de nous des humains.
  4. Apprendre à être tolérant et juste.
  5. Développer des tactiques de résolutions de conflits.
  6. Se familiariser avec la Déclaration des droits de l’enfant.

1. L’extra-terrestre qui recycle le papier

Objectifs

  1. Identifier les caractéristiques physiques qui font de nous des humains.
  2. Identifier les caractéristiques émotives qui font de nous des humains.

Activité

Placez un bac de recyclage sur un bureau au centre de la classe. Expliquez aux élèves qu’il s’agit en fait d’un extra-terrestre qui vient de l’autre bout de la planète et qui aimerait bien en connaître davantage sur la vie sur terre. Il se pose des questions au sujet de ce qu’on nomme les «humains». Demandez aux élèves de donner à l’extra-terrestre des renseignements qui pourraient l’aider à reconnaître ces «humains». Essayez de susciter des réponses qui identifient des caractéristiques physiques et émotives.

Discussion

Quelles caractéristiques différencient les humains des animaux?

2. Les besoins de l’enfant

Objectifs :

  1. Comprendre le terme « besoins fondamentaux ».
  2. Identifier les qualités et les besoins des humains, plus précisément ceux des enfants.
  3. Apprendre au sujet des droits de l’enfant.

Matériel

Vous aurez besoin de vieilles revues. Vous pouvez aussi utiliser de la peinture, des crayons de couleur et de l’argile.

Activité

Dites aux élèves qu’un nouveau bébé est attendu dans la famille humaine. Il devrait naître le 24 octobre, la Journée des Nations Unies. Les élèves sont invités à donner des cadeaux au poupon. Ils doivent lui donner des cadeaux qui combleront ses besoins fondamentaux. Le cadeau est une image, un dessin ou une sculpture de l’objet. Le bébé devrait recevoir de la nourriture, des vêtements, un logement et une famille pour prendre soin de lui.

Les élèves sont invités à faire un souhait pour l’enfant. Un souhait comme avoir une bonne santé, l’amour de sa famille, des amis, une éducation, etc.

À partir de la liste de cadeaux et de souhaits, faites un résumé des « besoins de l’enfant ».

Présentez une version simplifiée de la Déclaration des droits de l’enfant. Comparez cette Déclaration avec la liste des besoins que vous avez faite.

3. Les droits et les responsabilités

Objectifs :

  1. Comprendre ce qu’est un « droit ».
  2. Établir la différence entre les responsabilités et les droits.
  3. Appliquer les principes de la tolérance dans la vie de tous les jours.

Activité

***Note : Cette activité peut être exécutée en même temps que l’activité 2.
Présentez la Déclaration des droits de l’enfant et révisez les droits. Expliquez qu’un droit est quelque chose dont l’enfant a besoin pour grandir et devenir un adulte sain. Demandez aux élèves s’ils ont besoin des éléments qui sont inscrits sur la liste.

Affichez la Déclaration à un endroit où tous les élèves peuvent la voir. Puis, faites une nouvelle liste intitulée : « Responsabilités de l’enfant ». Pour chaque droit de la Charte, inscrivez une responsabilité correspondante. Par exemple, pour le droit numéro 1, les responsabilités qui correspondent sont le traitement des autres avec équité et être tolérant envers les différences.

Une fois que la liste est dressée, discutez avec vos élèves et demandez-leur s’ils croient remplir ces responsabilités dans la vie de tous les jours. Parlez-leur de la règle d’or : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît ». Remettre à l'enfant:

LES DROITS DE L'ENFANT

  1. L’enfant doit jouir de tous les droits énoncés dans la Déclaration sans discrimination basée sur la race, la couleur, le sexe, la religion ou les opinions politiques.
  2. L’enfant doit pouvoir se développer d’une façon saine et normale sur le plan physique et intellectuel.
  3. L’enfant a droit, dès sa naissance, à un nom et à une nationalité.
  4. L’enfant a droit à une alimentation, à un logement, à des loisirs et à des soins médicaux adéquats.
  5. L’enfant physiquement, mentalement ou socialement désavantagé doit recevoir le traitement, l’éducation et les soins spéciaux que nécessite son état ou sa situation.
  6. L’enfant a besoin d’amour et de compréhension.
  7. L’enfant doit bénéficier d’une éducation gratuite.
  8. L’enfant doit, en toutes circonstances, être parmi les premiers à recevoir protection et secours.
  9. L’enfant doit être protégé contre toute forme de négligence, de cruauté et d’exploitation.
  10. L’enfant doit être élevé dans un esprit de compréhension et de tolérance.

4. Le règlement de la classe

Objectifs :

  1. Comprendre le besoin d’avoir des règles.
  2. Établir des règles qui sont acceptées de tous et qui protègent les droits des élèves.
  3. Présenter les notions de justice et d’équité.

Activité

Discutez des raisons pour lesquelles il est important d’avoir des règlements. Demandez aux élèves de nommer les règles établies à la maison (l’heure du coucher, les heures de télévision, se laver les mains, ne pas se chicaner, etc). Puis, demandez-leur les raisons de ces règles. Accordez de l’importance sur les aspects positifs de ces règles telles l’équité et la protection. Expliquez que les règles dans la classe ont les mêmes buts. Il y a plusieurs élèves dans la classe et le règlement assure l’ordre et la protection des élèves. Si vous avez déjà terminé l’activité 2 et 3, vous pouvez leur dire que le règlement protège les droits des élèves et les aide à devenir responsable. Insistez sur le fait que le règlement facilite la vie de tous.

Demandez aux élèves quel type de classe ils aimeraient avoir. Puis demandez-leur quelles sont les règles nécessaires pour ce type de classe. Souvenez-vous que vous êtes le professeur et que vous avez votre mot à dire. Une fois la liste des règles terminée, demandez à vos élèves s’ils consentent à les respecter. Si la réponse est négative, continuez la discussion jusqu’à ce qu’il y ait consensus.

5. Illustrer le règlement de la classe

Objectifs :

  1. Démontrer le besoin d’avoir un règlement.
  2. Établir un « contrat social » dans la classe.

Matériel

De la peinture et des crayons de couleur.

Activité

Révisez le règlement de la classe avec les élèves. Demandez à chaque élève de choisir la règle qu’il estime la plus importante et qu’il aimerait illustrer. Faites travailler les élèves en petits groupes. Essayez d’avoir une règle par groupe. Expliquez l’importance de chacune des règles.

Divisez la classe en équipes et demandez-leur de discuter de l’importance de la règle choisie et de l’illustration qu’elles veulent faire. Lorsque les illustrations sont terminées, accrochez-les au mur.

Le jour suivant, demandez aux élèves d’associer les illustrations et les règles. Vous testerez ainsi leur mémoire.

Une fois que les illustrations sont terminées et que les élèves ont bien compris le règlement, expliquez-leur qu’il faut maintenant le respecter.

6. Les droits et règlements dans la communauté

Objectifs :

  1. Comprendre l’importance des règles dans la communauté.
  2. Comprendre que les « symboles d’autorité » de la communauté sont là pour nous aider.

Activité

Cette activité peut être une activité sur les droits de la personne ou encore vous pouvez profiter de l’occasion pour inviter quelqu’un qui parlera de la sécurité.

Discutez de l’importance d’avoir des règles non seulement à la maison et dans la classe, mais aussi dans la communauté. Parlez du besoin de traiter les autres de manière équitable et du besoin d’être protégé. Précisez que les règles municipales sont des lois. Demandez aux élèves de nommer des personnes qu’ils connaissent qui travaillent pour les lois de la communauté (police, avocat, etc.). Discutez des autres personnes qui travaillent pour la communauté (pompiers, libraires, infirmiers, etc).

Invitez des gens qui travaillent pour la communauté à venir parler de leur rôle. À quelles règles doivent-ils se soumettre? Que pensent-ils de l’équité?

7. Introduction de la collectivité mondiale

Objectifs :

  1. Identifier la collectivité mondiale.
  2. Comprendre qu’il y a d’autres cultures et d’autres manières de faire les choses.
  3. Développer un sens de la tolérance envers la différence.

Matériel

Un globe et de l’information au sujet des autres pays comme un atlas illustré.

Activité

Demandez à chaque élève d’apporter son objet préféré fabriqué dans un autre pays. Demandez aux élèves de trouver sur le globe le pays de la fabrication et d’y coller un petit papier avec leur nom.

Ensuite, demandez-leur de faire une recherche individuelle sur ce pays. Cette recherche devrait comprendre de l’information au sujet de l’apparence des gens dans ce pays, le climat, la main d’œuvre, la nourriture et l’habitation. Demandez aux élèves de présenter leur recherche à la classe.

Terminez l’activité en posant ces questions à vos élèves :

  1. Quelles sont les similitudes entre les gens des autres pays et les gens d’ici?
  2. Quelles sont les différences entre les gens des autres pays et les gens d’ici?

Unité II : L’être humain : les droits et libertés

Quels sont nos droits? Comment devons-nous traiter les autres? Les droits et les responsabilités vont ensemble. Nous devons tous respecter les droits des autres. Nous devons aussi nous assurer que nos droits et les droits des autres ne sont pas injustement limités.

Objectifs :

  1. Identifier les droits de l’être humain.
  2. Reconnaître sa responsabilité d’imposer ses droits et respecter les droits des autres.
  3. Reconnaître la responsabilité du gouvernement à promouvoir les droits de la personne.
  4. Reconnaître la violation des droits de la personne.
  5. Subvenir aux besoins des droits de la personne.

1. Les décideurs d’une nouvelle collectivité mondiale

Objectifs :

  1. Identifier les droits de l’être humain.
  2. Reconnaître ses responsabilités envers les droits des autres.
  3. Reconnaître la responsabilité du gouvernement à promouvoir les droits de la personne.

Matériel

Sur des feuilles de papier, une par élève, inscrire des caractéristiques personnelles qui pourraient représenter une communauté (l’âge, le genre, la race, la religion, etc.)

Activité

Demandez aux élèves d’imaginer qu’ils se sont fait offrir la tâche de concevoir une nouvelle communauté mondiale. Même s’ils doivent tout prévoir, ils ne savent pas quelle sera leur identité dans la nouvelle communauté; ils ne savent pas s’ils seront un homme ou une femme, jeune ou âgé, riche ou pauvre, handicapé ou pas, de quelle race, de quel groupe ethnique, quelle religion, quelle culture, etc.

Demandez aux élèves de prévoir quels seraient les droits qu’ils accorderaient. (Le droit à l’alimentation et à un domicile, le droit à l’emploi, le droit de vote et à une opinion, etc.) Les élèves ne savent pas l’identité et les caractéristiques qui leur seront attribuées, et ce jusqu’à ce que les décisions au sujet de la nouvelle communauté soient prises.

Invitez les élèves à s’imaginer dans différentes identités et différents rôles dans la nouvelle communauté. Cela peut les aider à comprendre pourquoi ils sont responsables des droits des autres.

Énumérez les décisions prises par la classe pour la nouvelle communauté. Demandez aux élèves les moyens qu’ils comptent utiliser pour parvenir à réaliser cette nouvelle communauté.

2. La Déclaration universelle de l’homme

Objectifs :

  1. Identifier les droits de la personne.
  2. Reconnaître la violation des droits de la personne.

Activité

Transcrivez chaque article de la Déclaration universelle des droits de l’homme sur un bout de papier et déposez-les dans un panier. Divisez la classe en groupes de cinq ou six. Chaque équipe pige un article au hasard puis discute et illustre le sens de ce principe. Les illustrations peuvent être affichées sur les murs de la classe pour le reste de l’année.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire dans leur journal ce qu’ils ont appris durant cette activité, ainsi que leurs sentiments, leurs idées et leurs impressions.

3. Le droit des enfants

Objectifs :

  1. Identifier les droits des enfants.
  2. Reconnaître que les droits des enfants sont protégés internationalement.
  3. Comprendre que partout au monde les enfants ont besoin d’être protégés.

Activité :

***Note : l’activité 2 de l’unité 1 est une excellente activité préparatoire.

La Convention relative aux droits de l’enfant a été adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies et est entrée en vigueur au Canada le 12 janvier 1992. Elle divise les droits fondamentaux des enfants :

  • le droit de survie
  • le droit à la protection
  • le droit à la liberté d’opinion, de religion, d’expression et d’association

Demandez aux élèves d’imaginer qu’ils doivent rédiger les « droits de l’enfant ». Qu’est-ce qu’on ne doit pas faire aux enfants, qu’est-ce qu’on ne doit pas leur donner, qu’est-ce qu’on doit leur interdire parce qu’ils sont trop jeunes?

Ensuite, comparez la liste que les élèves ont faite et la Convention relative aux droits de l’enfant. Quelles sont les différences?

4. Introduction au Bureau du protecteur des enfants

Objectif :

Se renseigner sur le Bureau de protecteur des enfants dont les fonctions sont :

  • de parler aux adultes et aux enfants au sujet des droits des enfants.
  • d’aider les enfants et les adolescents en écoutant, révisant et examinant les services du gouvernement provincial et des agences qui leur sont offerts.

Importance

Le Bureau du protecteur des enfants est au service des enfants et des adolescents qui sont âgés de moins de 18 ans et de ceux qui sont âgés de plus de 18 ans et qui reçoivent des services en vertu de la Loi sur les jeunes contrevenants.

Les employés du Bureau du protecteur des enfants parlent aux adultes, aux adolescents et aux enfants au sujet des droits des jeunes. S’ils croient que certains droits des enfants ne sont pas entièrement respectés, ils peuvent penser à des moyens pour améliorer la condition de vie des jeunes.

Parfois, les enfants et les adolescents ont des problèmes avec les programmes qui sont offerts par le gouvernement et les agences provinciales. Lorsque cela se produit, le Bureau du protecteur des enfants demande au gouvernement ou à l’agence d’écouter ce que l’enfant a à dire. Il arrive que l’enfant fasse une suggestion qui aide le gouvernement ou l’agence à offrir un meilleur service.

Activités

  • Dessinez une affiche du Bureau du protecteur des enfants et inscrivez des renseignements au sujet du Bureau.
  • Écrivez une lettre au Bureau du protecteur des enfants et demandez des renseignements sur leurs programmes. En Saskatchewan, l’adresse est la suivante :

Advocate for Children and Youth

500 – 350, 3e Avenue Nord
Saskatoon, (SK) S7K 6G7

Sans frais : 1-800-322-7221
Téléphone : 306-933-6700
Télécopieur : 1-306-933-8406
Courriel : contact@saskadvocate.ca

5. Le problème de la faim

Objectif :

  1. Mettre en application un des droits prévus par la Convention relative aux droits de l’enfant.
  2. Développer la compassion.
  3. Introduire l’Unicef.

Historique

Le premier objectif de l’Assemblée générale au moment de la création des Nations Unies, en 1945, était de créer le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Le but était d’aider les enfants des pays déchirés par la guerre. Au cours des années, l’UNICEF est devenu un programme à long terme pour venir en aide aux pays en développement afin qu’ils puissent améliorer la santé, la nutrition et l’éducation des enfants. L’UNICEF est financé par des contributions volontaires des gouvernements et des individus. L’UNICEF fait partie de l’Organisation des Nations Unies et en 1996, il a été récompensé par le prix Nobel de la paix.

Il est possible d’obtenir des renseignements au sujet de l’UNICEF ainsi qu’une carte situant les endroits où il est le plus actif. Il suffit d’écrire à l’adresse suivante :

UNICEF

3 United Nations Plaza
New York, NY 10017
États-Unis

Activité

Note*** : Certains élèves peuvent vivre dans la pauvreté et avoir faim en ce moment même. Il est important de ne pas laisser croire que la pauvreté et la faim ne surviennent que dans les autres pays. Insistez sur le fait que les gens qui vivent dans la pauvreté ne sont pas nécessairement répréhensibles et que les enfants ne sont jamais responsables.

Discutez de la faim. Comment se sent-on physiquement? Comment la faim vous touche-t-elle émotivement et mentalement? La faim peut même aller jusqu’à ne pas manger pendant quelques jours ou quelques semaines. Souvenez-vous que certains de vos élèves ne mangent peut-être pas à leur faim.

Il y a plusieurs agences qui luttent contre la faim au Canada et partout dans le monde. Demandez à vos élèves d’en identifier quelques-unes et de leur écrire pour leur demander des renseignements. Vous pouvez visionner des films, regardez des brochures et des photos de la faim dans le monde. Divisez la classe en groupes et demandez-leur de discuter des raisons du manque de nourriture.

Utilisez une carte géographique et demandez aux élèves d’identifier les endroits dans le monde ou la famine est très grave.

Demandez aux élèves quels articles de la Convention relative aux droits des enfants traitent de la faim?

Utilisez les renseignements rassemblés par les élèves pour initier une discussion sur ce qui devrait être fait pour combattre la famine dans le monde. Comment les élèves peuvent-ils participer?

Journal

Demandez aux élèves d’écrire une réflexion sur ce qu’ils ont appris, leurs pensées, leurs idées et leurs sentiments.

6. Rédiger une charte des droits et liberté en classe

Objectifs :

  1. Comprendre que les règles sont nécessaires pour maintenir l’ordre.
  2. Comprendre la différence entre un droit et un privilège.
  3. Comprendre que dans une classe, les droits vont avec les responsabilités.
  4. Comprendre qu’il y a des limites aux droits et aux responsabilités.
  5. Comprendre que les droits d’un individu peuvent entrer en conflit avec les droits d’un groupe.

Directives :

Cours 1

  1. Discutez des différences entre un droit et un privilège.
  2. Demandez aux élèves d’énumérer les droits auxquels ils croient avoir droit dans la classe. Ne faites aucun commentaire.
  3. Une fois la liste complétée, divisez la classe en petits groupes.
  4. Demandez à chaque groupe d’identifier les domaines qui se chevauchent et de les rassembler.
  5. Ensuite, demandez aux groupes de nommer les droits qu’ils ont identifiés. Inscrivez-les tous au tableau et discutez-en afin d’établir une charte que tout le monde sera prêt à respecter.

Cours 2

  1. Questionnez les élèves : Quelles sont les responsabilités qui accompagnent les droits de la charte?
  2. Questionnez les élèves : Quel droit choisir lorsque survient un conflit?
  3. En petits groupes, discutez de la charte de la classe.

Cours 3

Les élèves discutent des responsabilités et des limites qui accompagnent la charte. Affichez la version finale de la charte des responsabilités des élèves et la charte des droits des élèves.

Cours 4

  1. Les droits et responsabilités dans la classe ont-ils été bien compris?
  2. Est-ce que la charte traite tous les élèves de manière équitable?
  3. Est-ce que les élèves comprennent les limites de leurs droits ?

Commentaires :

  1. Des règles concernant les discussions devraient être établies avant le début des activités.
  2. Il est préférable que les élèves travaillent en grands groupes.
  3. La charte que les élèves et le professeur ont établie peut devoir être révisée au cours de l’année.

La Charte des droits et libertés et la charte des responsabilités de la classe

Exemples :

J’ai le droit de :

J’ai la responsabilité de :

  • dire ce que je pense
  • parler
  • avoir des moments libres
  • avoir du temps libre déranger
  • jouer avec les autres
  • travailler sans être dérangé

 

  • ne pas faire de la peine aux autres
  • attendre mon tour
  • ne pas déranger les autres
  • écouter les autres
  • accepter tout le monde
  • ne pas déranger les autres 

J’ai le droit de :

J’ai la responsabilité de :

  • aller au gymnase
  • avoir une récréation
  • avoir du temps libre
  • aller aux toilettes et boire de l’eau
  • écouter le professeur
  • rentrer au son de la cloche
  • respecter les consignes
  • revenir rapidement sans déranger les autres

 

7. La Charte canadienne des droits et libertés

Objectifs :

  1. Savoir que le Canada a une Charte canadienne des droits et libertés qui protège les citoyens des actions gouvernementales.
  2. Comprendre les droits que la Charte protège.

Historique

La Charte canadienne des droits et libertés est entrée en vigueur le 17 avril 1982. Elle fait partie de la constitution et limite les lois que le gouvernement édicte en exigeant qu’elles soient toutes en accord avec la Charte. Les droits sont divisés en différentes catégories :

  • Le droit à la vie, à la liberté et à la sécurité, et le droit à la justice.
  • Le droit à l’égalité.
  • Le droit à la liberté d’expression, de religion et à la réunion pacifique.
  • Les droits démocratiques.

Ces libertés sont garanties sans discrimination à l’égard de la race, de la couleur, du sexe, de l’âge ou d’une invalidité mentale ou physique.

Activité

Révisez les différentes garanties prévues par la Charte (articles 1 à 15). Si vous avez fait une Charte de classe, comparez les deux chartes.

Unité III : Les stéréotypes, les préjugés et la discrimination

Nous avons tous des stéréotypes et des préjugés. Un stéréotype est une image mentale répandue que nous avons envers certains individus, endroits et choses. Un préjugé est une attitude négative associée à un stéréotype qui nous porte à préjuger un individu ou un groupe. Le préjugé n’est pas basé sur des faits. L’attitude associée au préjugé est souvent hostile. Le fait d’agir selon ces idées préconçues se nomme la discrimination. Même si très rares sont ceux qui peuvent affirmer ne pas avoir de stéréotype et de préjugé, nous devons faire attention pour éviter d’en avoir.

Il est important que les élèves regardent la charte de droits et libertés de la classe ou encore la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cela permettra de se questionner sur les stéréotypes et les préjugés.

Objectifs :

  1. Comprendre la définition de stéréotype, de préjugé et de discrimination.
  2. Reconnaître la manière dont les stéréotypes et les préjugés mènent à la discrimination.
  3. Comprendre comment les codes provinciaux des droits de la personne interdisent la discrimination.

1. Les yeux bleus ou les yeux bruns

Cette activité est recommandée pour les élèves de la septième année et plus.

Objectifs :

  1. Comprendre le besoin d’avoir des droits de la personne
  2. Reconnaître la responsabilité de l’individu à modifier et créer les droits de la personne.
  3. Développer des techniques pour modifier et créer les droits de la personne.

Activité

Au début du cours, divisez les élèves selon la couleur de leurs yeux : les bleus et les bruns. Certains élèves n’ont ni les yeux bleus, ni les yeux bruns. Placez-les dans un des deux groupes. Demandez à un des groupes de porter un ruban au bras pour que ce soit plus facile de les identifier.

Informez les élèves aux yeux bleus, que pour aujourd’hui les élèves aux yeux bruns ont tous les privilèges. Par exemple, ils peuvent s’asseoir où ils veulent, partir à la récréation avant les autres, utiliser le matériel, etc. Les élèves aux yeux bleus doivent attendre leur tour.

Continuez normalement les activités. Les rôles pourront être inversés au cours de la journée ou le lendemain.

Note**** : Il est important que vous teniez compte des sentiments de vos élèves. Les élèves qui ont déjà fait cet exercice ont parlé de sentiment de solitude, d’isolation et de colère.

Discussion

Comment vous êtes-vous sentis lorsque vous étiez moins importants que les autres élèves? Décrivez comment vous vous sentiez lorsque vous faisiez partie des élèves privilégiés. Lorsque nous parlons des droits de la personne, nous utilisons la phrase « dignité inhérente »; vous sentiez-vous dignes lorsque vous étiez divisés en « bleus et bruns »? Qu’est-ce que cette activité nous apprend-elle sur les sentiments associés à la discrimination? Quels articles de la Charte des droits et libertés et de la Déclaration des droits de l’homme ont été violés? Que pouvons-nous faire pour s’assurer que tous les individus seront traités également?

Autres activités :

  1. Demandez aux élèves d’écrire un article de journal sur leur expérience.
  2. Demandez aux élèves de rédiger une charte de droits et de responsabilités pour prévenir la discrimination dans la classe.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire au sujet de ce qu’ils ont appris et sur comment ils se sont sentis.

2. Être dans la peau de…

Objectifs :

  1. Comprendre ce qu’est une incapacité physique.
  2. Évaluer si différents endroits sont faciles d’accès pour les personnes qui ont une incapacité physique.

Matériel

Quelque chose pour bander les yeux, des cannes blanches, des bouchons d’oreille, des cordes pour attacher les bras et les jambes, des béquilles, une chaise roulante (si possible).

Activité

Vous pouvez demander l’aide d’autres professeurs pour cette activité. L’activité est plus réussie lorsque les élèves ont leur incapacité physique pour une journée complète. Soyez sensible aux élèves qui ont une incapacité physique. Faites-les participer en leur donnant une nouvelle incapacité qui n’est pas reliée à leur vraie incapacité. Vous devrez peut être décidé de leur incapacité au lieu de les faire piger.

Écrivez différentes incapacités sur des papiers et déposez-les dans un chapeau. Demandez à chaque élève de piger une incapacité, il s’agit de celle qu’il aura pour la journée. Si vous pouvez, sortez les élèves de l’école pour leur faire essayer les installations aménagées.

Discussion

Comment les élèves étaient-ils traités par les autres? Comment leur incapacité a-t-elle changé leur vie quotidienne? Comment se sont-ils sentis? Quelles sont les installations aménagées pour les personnes qui ont une incapacité physique?

Autres activités

Vous pouvez compléter l’activité en invitant une personne qui fait partie d’un groupe qui représente les personnes ayant une incapacité physique.

Les élèves qui trouvent que l’école ou le centre commercial n’est pas accessible aux personnes qui ont une incapacité physique peuvent décider de faire quelque chose. Ils pourraient proposer un projet au directeur ou au propriétaire du centre commercial.

3. Stéréotypes professionnels

Au cours de cette activité, les élèves seront une fois de plus invités à penser aux stéréotypes et préjugés qu’ils ont. Nous avons tous des stéréotypes et des préjugés, mais il est important de les connaître. Les élèves devront répondre à un questionnaire et de participer à une discussion en classe.

Objectifs :

  1. Comprendre ce que sont les stéréotypes, les préjugés et la discrimination.
  2. Examiner ses propres préjugés.

Activité

Demandez aux élèves de répondre au questionnaire. Une évaluation du questionnaire sera faite tout de suite après que les élèves lui aient répondu. Il est important de mentionner aux élèves qu’il s’agit d’un questionnaire subjectif. Il n’y a pas de questions objectives. Demandez-leur de répondre le plus honnêtement possible. Ils ne seront pas notés mais une discussion au sujet des résultats aura lieu à la fin du cours.

Distribuez un questionnaire à chaque élève et lisez les questions avec eux. Cette étape est importante car c’est le moment où le professeur s’assure que tous les élèves ont compris.

Une fois que le questionnaire est terminé, demandez aux élèves de faire part de leurs réponses. Demandez des explications. Essayez de faire ressortir les préjugés dans les réponses des élèves.

Ensuite, expliquez aux élèves que l’auteur du questionnaire a décidé que la réponse E est la réponse qui n’est pas préjudiciable. Les autres sont judiciables.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris sur les stéréotypes et les préjugés et ce qu’ils en pensent.

Questionnaire à remettre aux élèves

4. Les rôles stéréotypes

La télévision et les magazines sont remplis de personnages stéréotypés et nous poussent à stéréotyper les gens en fonction de leur sexe, leur race, leurs études, etc. Le but de cet exercice est de montrer que le fait de stéréotyper nous pousse à généraliser sans tenir compte des caractéristiques individuelles.

Objectifs :

  1. Comprendre les stéréotypes, les préjugés et la discrimination.
  2. Comprendre comment les stéréotypes et les préjugés mènent à la discrimination.
  3. Observer les conséquences des préjugés et de la discrimination sur notre vie et la vie des autres.

Activité

Demandez aux élèves de choisir une émission de télévision, un film ou un livre. Distribuez la feuille Qui est Qui et demandez aux élèves de remplir la charte après avoir évalué l’histoire.

Discussion

En petits groupes ou en classe, discutez du message que l’histoire véhicule au sujet des hommes, des femmes, des minorités visibles et des majorités.

  • Le message est-il réaliste?
  • Représente-t-il ce que les élèves pensent?
  • Les messages influencent-ils les croyances des jeunes?
  • Les messages de ce type sont-ils bons ou mauvais? Expliquez.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire sur ce qu’ils ont appris. Ils peuvent aussi écrire comment ils se sentent et quelles sont leurs idées.

5. Le Saskatchewan Human Rights Code

Objectifs :

  1. Connaître les droits garantis aux humains
  2. Reconnaître le besoin pour les humains d’avoir des droits

Activité

Discutez de la notion de « droit ». Demandez aux élèves d’expliquer ce qu’est un droit.

Créez une liste des droits que les élèves croient que les humains devraient avoir. Il est important de faire l’activité 2 de cette unité avant de commencer celle-ci.

Parlez du Saskatchewan Human Rights Code aux élèves. Expliquez comment il fonctionne.

Révisez les garanties que le Code offre. Expliquez la manière dont il interdit la discrimination.

Discussion

Le Code et la charte que les élèves avaient faits ont-ils des points communs? Le Code offre-t-il une bonne protection contre la discrimination? Comment pourrait-il être mieux?

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris durant l’activité ainsi que leurs idées et leurs sentiments.

6. Le p’tit renne au nez rouge

Cette histoire de Noël peut être un bon exemple de discrimination et de préjugé. Le p’tit renne au nez rouge était différent de tous les autres rennes parce que son nez était rouge brillant. Et c’est à cause de ce nez que les autres rennes riaient de lui et ne voulaient pas jouer avec lui. Il est important de ne pas assumer que tous les élèves connaissent cette histoire, racontez –la!

Objectifs :

  1. Comprendre comment les stéréotypes et les préjugés mènent à la discrimination.
  2. Comprendre comment les conséquences de la discrimination sur notre vie et la vie des autres.

Activité

Racontez l’histoire du p’tit renne au nez rouge et expliquez que le personnage principal était différent des autres. Les autres rennes riaient de lui et ne voulaient pas jouer avec lui. Ils avaient des préjugés à son égard.

Vous pouvez aussi chanter la chanson.

Discussion

Comment pensez-vous que le p’tit renne au nez rouge s’est senti lorsque les autres rennes ont ri de lui et n’ont pas voulu jouer avec lui? Est-ce que son nez le rendait moins bon?

Autres activités

Demandez aux élèves de jouer le rôle d’un avocat. Ils doivent défendre la cause du p’tit renne au nez rouge et expliquez comment il a souffert de discrimination. Ils doivent aussi trouver des solutions au mauvais traitement.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris et quels étaient leurs sentiments.

Unité IV : Les droits de la personne

Objectifs :

  1. Évaluer le besoin d’avoir des droits de la personne
  2. Reconnaître ses responsabilités par rapport aux droits de la personne
  3. Créer des techniques pour changer et ajouter des droits de la personne.
  4. Reconnaître les droits de la personne qui sont protégés par des lois.
  5. Reconnaître le besoin des droits de la personne dans les autres pays.
  6. Reconnaître lorsque les droits de la personne ont été transgressés.
  7. Comprendre l’histoire des droits de la personne.

1. L’histoire des droits de la personne

Objectifs :

  1. Comprendre l’historique des droits de la personne
  2. Reconnaître le rôle de la Déclaration universelle des droits de l’homme
  3. Reconnaître les droits de l’homme qui sont protégés par des lois.

Activité

Vous devriez vous référer au volume 1 (octobre, 1982).

Autres activités

Demandez aux élèves de faire de la recherche sur différents sujets de l’histoire de la protection des droits de la personne.

a) Faites une recherche sur l’historique de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

b) Faites une recherche sur une personnalité qui a eu une influence sur les droits de la personne. Par exemple, Eleanor Roosevelt était une personne remarquable qui a fait beaucoup pour l’avancement des droits de la personne.

c) Sur une carte du monde, indiquez les pays qui reconnaissent le Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Une liste de ces pays sera distribuée. Faites le même exercice pour le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Une liste est aussi fournie.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris, leurs idées et les sentiments qu’ils ont ressentis.

2. Amnistie Internationale

Amnistie Internationale est une organisation non gouvernementale qui a été fondée en 1961 dans le but de protéger les prisonniers d’opinion. Amnistie Internationale a travaillé pour obtenir la libération de personnes qui étaient emprisonnées en raison de leurs croyances, de leur couleur, leurs origines ethniques, leur sexe, leur religion ou leur langue. Elle travaille dans plus de 150 pays et publie les mises à jour des droits de la personne à tous les ans. Il y a des bureaux d’Amnesty International à Regina et à Saskatoon. On peut aussi consulter le site Internet d'Amnesty International.   

Objectifs :

  1. Connaître un organisme non gouvernemental qui travaille pour les droits de la personne.
  2. Reconnaître les violations des droits de la personne.

Matériel

Une publication récente d’Amnistie Internationale des violations des droits de la personne.

Activité

Divisez la classe en petits groupes. Donnez un exemple de violation d’un droit de la personne à chaque groupe. Demandez à chaque groupe de présenter leur cas. Ils devraient y inclure des détails concernant les documents qui protègent les droits qui ont été violés.

Autres Activités

Amnesty International offre quelques guides pour les professeurs. Ils ne sont pas très récents mais peuvent être très utiles. Vous pouvez aussi inviter une personne qui travaille pour Amnistie Internationale à venir parler aux élèves.

3. J’ai faim, est-ce qu’il y a un droit à l’alimentation?

Objectifs :

  1. Comprendre l’importance du droit à l’alimentation.
  2. Développer un sentiment de compassion envers ceux qui n’ont pas assez de nourriture.
  3. Connaître les agences qui s’occupent du problème de la faim.

Matériel

Deux repas de luxe (de préférence deux repas que les élèves adorent), quatre sandwichs (nutritifs mais rien de plus) et des tranches de pain (une par élève. Inscrivez des noms de pays sur des bouts de papier, un par élève. Il devrait y avoir 2 pays riches (Canada, Europe, États-Unis, etc.), 4 pays moyennement riches (Mexique, Malaisie, Europe de l’Est) et plusieurs pays pauvres (Afrique, Bolivie, etc.)

Activité

Chaque élève paie 1$ pour son repas et pige un pays. Si l’élève pige un pays pauvre, il reçoit une tranche de pain. Si l’élève pige un pays moyen, il reçoit un sandwich. Et finalement, si l’élève pige un pays riche il reçoit un repas de luxe. Les élèves qui ont pigé un pays pauvre peuvent manger sur le plancher.

Expliquez aux élèves que c’est comme ça que le monde fonctionne. Les habitants des pays riches mangent bien mais les habitants des pays pauvres ne mangent parfois pas du tout. Demandez aux élèves de situer le pays qu’ils ont pigé sur une carte du monde.

Révisez les protections internationales concernant le droit à l’alimentation. Sont-elles efficaces? Pourquoi si nous avons assez de nourriture dans le monde, certaines personnes meurent de faim? Parlez de la famine et des guerres.

Autres activités

  • Les élèves peuvent faire du bénévolat à une soupe populaire ou à une banque d’alimentation dans leur communauté.
  • Demandez aux élèves de faire une recherche sur une organisation qui aide les enfants victimes de malnutrition.
  • Placez deux plantes une à côté de l’autre et arrosez-en juste une. Discutez ensuite de l’importance de l’eau.

La Charte des Nations Unies

Article 55

En vue de créer les conditions de stabilité et de bien-être nécessaires pour assurer entre les nations des relations pacifiques et amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, les Nations Unies favoriseront :

a. la hausse des niveaux de vie, le plein emploi et des conditions de progrès et de développement dans l'ordre économique et social;

b. la solution des problèmes internationaux dans les domaines économique, social, de la santé publique et autres problèmes connexes, et la coopération internationale dans les domaines de la culture intellectuelle et de l'éducation;

c. le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion.

La Déclaration universelle des droits de la personne

Article 25

  1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
  2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciale. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels

Article 11

  1. Les États parties au présent Pacte reconnaissent le droit de toute personne à un niveau de vie suffisant pour elle-même et sa famille, y compris une nourriture, un vêtement et un logement suffisants, ainsi qu'à une amélioration constante de ses conditions d'existence. Les États parties prendront des mesures appropriées pour assurer la réalisation de ce droit et ils reconnaissent à cet effet l'importance essentielle d'une coopération internationale librement consentie.
  2. Les États parties au présent Pacte, reconnaissant le droit fondamental qu'a toute personne d'être à l'abri de la faim, adopteront, individuellement et au moyen de la coopération internationale, les mesures nécessaires, y compris des programmes concrets:

a. Pour améliorer les méthodes de production, de conservation et de distribution des denrées alimentaires par la pleine utilisation des connaissances techniques et scientifiques, par la diffusion de principes d'éducation nutritionnelle et par le développement ou la réforme des régimes agraires, de manière à assurer au mieux la mise en valeur et l'utilisation des ressources naturelles;

b. Pour assurer une répartition équitable des ressources alimentaires mondiales par rapport aux besoins, compte tenu des problèmes qui se posent tant aux pays importateurs qu'aux pays exportateurs de denrées alimentaires.

La Convention relative aux droits de l’enfant

Article 6

  1. Les États parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie.
  2. Les États parties assurent dans toute la mesure possible la survie et le développement de l'enfant.

Article 27

  1. Les États parties reconnaissent le droit de tout enfant à un niveau de vie suffisant pour permettre son développement physique, mental, spirituel, moral et social.
  2. C'est aux parents ou autres personnes ayant la charge de l'enfant qu'incombe au premier chef la responsabilité d'assurer, dans les limites de leurs possibilités et de leurs moyens financiers, les conditions de vie nécessaires au développement de l'enfant.
  3. Les États parties adoptent les mesures appropriées, compte tenu des conditions nationales et dans la mesure de leurs moyens, pour aider les parents et autres personnes ayant la charge de l'enfant à mettre en œuvre ce droit et offrent, en cas de besoin, une assistance matérielle et des programmes d'appui, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement et le logement.
  4. Les États parties prennent toutes les mesures appropriées en vue d'assurer le recouvrement de la pension alimentaire de l'enfant auprès de ses parents ou des autres personnes ayant une responsabilité financière à son égard, que ce soit sur leur territoire ou à l'étranger. En particulier, pour tenir compte des cas où la personne qui a une responsabilité financière à l'égard de l'enfant vit dans un État autre que celui de l'enfant, les États parties favorisent l'adhésion à des accords internationaux ou la conclusion de tels accords ainsi que l'adoption de tous autres arrangements appropriés.

4. La société des droits de la personne

Objectif :

  1. Comprendre nos responsabilités envers le respect de nos droits et des droits des autres.

Activités :

Proposez aux élèves de former une société des droits de la personne :

  • définir le but de la société
  • décider d’un symbole pour représenter la société
  • faire des cartes de membre avec le logo
  • élire des représentants officiels
  • faire des recherches sur les autres sociétés, au pays et dans le monde
  • faire des réunions et discuter des droits
  • inviter des gens à venir parler
  • publier des lettres

5. Les problèmes de l’heure

À tout moment de la journée les droits de la personne sont violés quelque part dans le monde.

Objectifs :

  1. Reconnaître les violations des droits de la personne.
  2. Avoir une plus grande compréhension des droits de la personne dans le monde.

Activité

Demandez aux élèves des découper des articles de journaux et de magazines qui traitent des droits de la personne dans d’autres pays. En classe, regardez ces articles et parlez des lois qui y sont reliées. Demandez aux élèves de se renseigner au sujet des organismes internationaux qui traitent de ces problèmes (la Croix Rouge, les Nations Unies, Greenpeace, etc.) Vous pouvez écrire à ces organismes et leur demander de vous envoyer de l’information.

Unité V : L’école, les droits de la personne et vous

Dans ce guide, un effort constant a été apporté pour ne pas diriger l’attention des élèves vers les droits individuels mais bien vers une vision générale des droits de la personne. Il est important que les élèves soient initiés aux droits de la personne dans un ensemble et non en se concentrant sur eux-mêmes. Dans cette dernière unité, nous aborderons les droits qui touchent les élèves de plus près.

Objectifs :

  1. Évaluer les règlements de l’école en contexte avec les droits de la personne.
  2. Identifier les violations des droits de la personne.

Renseignements de base pour les professeurs :

Les droits et libertés inscrits dans la Charte ne sont pas absolus. L’article 33 permet au gouvernement d’édicter des lois qui sont contraires aux articles 2 et 7 à 15. L’article 1 de la Charte prévoit qu’un droit ou une liberté ne peut être restreint que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique.

Comprendre l’article 1 de la Charte est primordial pour bien comprendre le reste de la Charte. Lorsqu’un conflit survient entre la Charte et une décision qui doit être rendue ou lorsque la Charte a été violée, l’individu qui croit que ces droits ont été violés doit exposer son point de vue. S’il est conclu que le droit a été violé, le fardeau de la preuve devient celui du gouvernement et celui-ci doit démontrer que le fait de contrevenir au droit de l’individu était «prévu par la loi», «raisonnable», et «justifié dans une société libre et démocratique».

Dans cette unité, « L’école, les droits de la personne et vous », les élèves seront invités à évaluer si certaines actions pourraient être considérées comme des violations de la Charte. Il est important de se rappeler que même si un droit est violé, la cour peut juger que c’est raisonnable selon l’article 1.

Il est possible d’obtenir des références pour les études de cas en écrivant à cette adresse :

Law Library
College of Law
15 Campus Drive
University of Saskatchewan
Saskatoon (SK) S7N 5A6
Téléphone : 306-966-5999

1. Charte canadienne des droits et libertés

Objectifs :

  1. Comprendre l’historique de la Charte des droits et libertés de la personne.
  2. Comprendre le rôle de la Déclaration universelle des droits de l’homme dans la promotion de la protection des droits de la personne dans les provinces et au pays.
  3. Connaître les droits de la personne qui sont protégés par la loi.
  4. Reconnaître les violations aux droits de la personne.

Activité

Vous devriez vous référer au volume 1 no.2 (mai 1983). Il contient un historique des droits civils au Canada. Le volume comprend aussi des discussions et des projets pour les élèves.

Dans cette unité, nous croyons qu’il est important d’avoir un aperçu de la Charte et des droits qu’elle protège.

Articles 32-33 : l’application de la Charte
À qui la Charte s’adresse-t-elle? Il est important de comprendre que la Charte limite les actions du gouvernement. Elle ne s’applique pas aux actions des individus. Les droits de la personne s’appliquent aux individus.

Articles 2-6 : la citoyenneté
Révisez l’article 2 de la Charte. Pourquoi avons-nous ces droits?

Révisez l’article 3 de la Charte. Pourquoi le droit de vote est-il important? Pourquoi seulement les citoyens peuvent se prévaloir du droit de vote?

Révisez les articles 4 et 5 de la Charte. Pourquoi ces articles sont-ils des limitations pour le gouvernement? C’est un bon moment pour discuter de la dictature.

Révisez l’article 6 de la Charte. Quels sont les droits protégés par cet article? Pourquoi cet article est-il important? Comment serait notre vie si nous n’avions pas ce droit?

Articles 7-14 : les garanties juridiques
Lisez chaque article avec les élèves afin de vous assurer qu’ils comprennent bien les droits qui sont protégés.

Article 15 : l’égalité
L’article 15 est un article très important de la Charte. Il est important que les étudiants comprennent qu’avant l’adoption de la Charte, la discrimination dans les lois était permise.

Articles 15-23 : les droits linguistiques et le droit à l’éducation
Il est important que les élèves révisent ces articles un peu moins connus.

Article 24 : l’application
L’article 24 permet à tout individu de faire une demande devant la cour s’il croit que ses droits ont été violés. Les poursuites en cour criminelle sont aussi considérées selon la Charte.

Articles 1, 25-31 : interprétation
Il y a des limitations à l’interprétation de la Charte. Qu’est-ce que veulent dire les droits? Quelles sont les valeurs importantes véhiculées?

Journal

Demandez aux élèves d’écrire dans le journal ce qu’ils ont appris ainsi que leurs pensées et leurs sentiments.

2. La religion à l’école

Objectifs :

  1. Évaluer les règlements de l’école.
  2. Identifier les violations aux droits de la personne.

L’article 2(a) de la Charte canadienne des droits et libertés protège le droit à la religion de tous les individus.

L’article dit :

2. Chacun a les libertés fondamentales suivantes :
a) liberté de conscience et de religion;

En 1985, la Cour suprême du Canada a aussi déclaré que la liberté de religion signifie l’absence d’obligation à prendre part à la religion de la majorité ou l’absence de contrainte sur une religion minoritaire.

Activité

Les élèves examinent l’étude de cas en groupes, en classe ou individuellement.

Autres activités

  • Demandez aux élèves de débattre de la question.
  • Demandez aux élèves d’écrire leur opinion sur un papier. Ils doivent y inscrire des arguments clairs, rationnels et sans préjugés.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris ainsi que leurs idées et leurs sentiments.

Étude de cas : la religion à l’école

Sarah va à l’école La Rivière dans une ville en Saskatchewan. Elle est de religion mormone. Son professeur lui demande d’écrire un texte sur la personne qui l’a le plus influencée dans sa vie. Sarah décide donc d’écrire un texte sur Jésus Christ. Son professeur lui rend son texte et lui demande d’écrire au sujet de quelqu’un d’autre en disant que personne ne sait si Jésus a réellement existé et quelle est sa véritable histoire. Le professeur perçoit le texte comme de la « propagande religieuse qui n’a pas sa place dans la classe ». Sarah est offensée. Son professeur l’informe qu’elle doit refaire le devoir ou qu’elle recevra la note 0.

Discussion

  1. Pensez-vous que la Charte empêche les écoles d’avoir du contenu religieux?
  2. Est-ce que la liberté de religion de Sarah a été violée?
  3. Est-ce que le professeur a tort dans cette situation?
  4. Quelles sont les limites à la liberté de religion dans votre école? Sont-elles appropriées?

Autres activités

  • Il y a plusieurs arrêts de la cour de l’Ontario au sujet de la liberté de religion. Vous pouvez demander aux élèves de faire quelques recherches.
  • Faites une simulation de procès avec le cas de Sarah.

3. Inspection des élèves et de leurs possessions

Objectifs :

  1. Évaluer les règlements de l’école.
  2. Identifier les violations des droits garantis.

L’article 8 de la Charte dit que « Chacun a droit à la protection contre les fouilles, les perquisitions ou les saisies abusives ».

Activité

Les élèves examinent l’étude de cas en groupes, en classe ou individuellement.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris et leurs sentiments.

Étude de cas : Inspection des élèves et de leurs possessions

Thérèse s’est fait prendre à fumer dans les toilettes de son école. Au début elle refusait d’admettre qu’elle avait fumé. Le directeur de l’école l’a convoquée dans son bureau et lui a demandé de voir le contenu de son sac à main. Il a donc saisi le sac à main et en a sorti des cigarettes. Au même moment, il a aperçu du papier à rouler. Il a donc soupçonné que le papier à rouler était pour de la drogue et a commencé à vraiment fouiller le sac à main. Il y a trouvé d’autres objets qui laissaient croire que Thérèse est impliquée dans le commerce de la drogue. Il a aussitôt appelé la police.

Une fouille raisonnable a été définie comme étant une fouille justifiée par le doute raisonnable. La fouille ne peut être plus indiscrète que les circonstances ne le justifient.

Discussion

Croyez-vous que la fouille du sac à main de Thérèse était déraisonnable? Expliquez.

Dans ce cas, nous avons deux intérêts opposés : le droit à la vie privée de l’élève et l’obligation de l’école à maintenir un environnement propice à l’apprentissage. Que décideriez-vous si vous étiez le juge? Expliquez.

4. La libre expression

Objectifs :

  1. Évaluer les droits de l’école.
  2. Identifier les violations aux droits.

L’article 2 (b) de la Charte canadienne des droits et libertés protège la liberté d’expression de tous les individus.

L’article dit :
a) Chacun a les libertés fondamentales suivantes
b) liberté de pensée, de croyance, d'opinion et d'expression.

La Cour suprême du Canada dit que ce droit constitutionnel peut être limité si c’est important et nécessaire pour protéger la sécurité, l’ordre, la santé ou un droit fondamental de quelqu’un d’autre.

Activité

Demandez aux élèves d’examiner l’étude de cas en groupes, en classe ou individuellement.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris ainsi que leurs idées, leurs pensées et leurs émotions.

Étude de cas : la liberté d’expression

M. Keegstra enseignait l’histoire dans une école secondaire en Alberta. Dans un de ces cours, il a dit que l’holocauste était un mythe et que ce n’était pas vrai que six millions de juifs étaient morts pendant la Seconde Guerre mondiale et qu’il y avait une « conspiration mondiale juive ».

Il a été accusé de promouvoir la haine contre un groupe de personnes : les juifs. Le Code criminel, article 319, stipule que promouvoir la haine contre un groupe d’individus est criminel.

M. Keegstra s’est défendu en disant que cet article du Code criminel viole son droit à la liberté d’expression (article 2 de la Charte canadienne des droits et libertés).

À Moncton, un autre professeur, M. Ross, avait des idées semblables à celles de M. Keegstra. Cependant, il n’a pas partagé ces idées avec ses étudiants. Il a publié des livres et a fait des émissions de télévision afin de faire connaître son opinion. Le conseil scolaire a congédié M. Ross. Il a donc décidé de porter plainte à la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick pour discrimination.

Discussion

  1. Comment respecter le droit à la liberté d’expression de ces professeurs et le droit des élèves de ne pas souffrir de discrimination?
  2. Les deux professeurs devraient-ils être traités de la même manière? L’un d’eux devrait-il toujours avoir le droit d’enseigner?
  3. Des limites devraient-elles être imposées à la liberté d’expression?

Autre activité

Ce type de discussion amène souvent à la censure. Vous pouvez donc demander aux élèves d’écrire un article sur les limites de la liberté d’expression.

Étude de cas 2 : la liberté d’expression

Luc a fait un discours devant une assemblée d’étudiants afin de faire élire son ami Jean à la présidence de l’école. Le discours était rempli d’insinuations de discrimination sexuelle. En conséquence, Luc a été suspendu de l’école et n’a pas pu prononcer le discours d’adieu. Il s’est défendu en disant que son droit à la liberté d’expression avait été brimé.

Activité

En étudiant les conditions de la Cour suprême du Canada pour limiter un droit, discutez de ce cas. Quelle serait votre décision et pourquoi?

5. La suspension de l’école

Objectifs :

  1. Évaluer les règles de l’école à la lumière des droits de la personne.
  2. Identifier les violations aux droits de la personne.

L’article 7 de la Charte prévoit :

7. Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne; il ne peut être porté atteinte à ce droit qu'en conformité avec les principes de justice fondamentale.

La cour n’a pas encore décidé si cet article devrait aussi comprendre le droit à l’éducation. Dans la cause La Reine contre Kind (1984), la cour de Terre-Neuve avait décidé que l’article 7 garantie le droit à l’éducation. Cela veut dire que pour expulser ou suspendre un élève de l’école, l’école doit se conformer aux « principes de justice fondamentale ».

Activité

Les élèves étudient le cas et en discutent en groupes ou en classe. Ils discutent aussi de l’interprétation de la Charte.

Journal

Demandez aux élèves d’écrire ce qu’ils ont appris dans leur journal. Ils peuvent aussi y écrire leurs pensées, leurs idées, leurs points de vue et leurs sentiments.

Étude de cas 3 : l’école

Julie et Sophie sont aveugles. Julie peut lire les gros caractères seulement si elle est très près et qu’elle porte des lunettes très fortes. Sophie ne peut rien voir du tout et elle utilise le braille. Toutes les deux, avec 50 autres élèves, vont à une école pour les aveugles située à Saskatoon. Julie demeure avec sa famille à quelques kilomètres de l’école. La famille de Sophie demeure à North Battleford donc Sophie doit demeurer dans une résidence à l’école.

Le ministre de l’Éducation vient d’annoncer que l’école pour les personnes aveugles fermera ses portes à la fin de cette année. Julie et Sophie sont perturbées. Si elles vont à l’école ordinaire, pourront-elles recevoir les services spéciaux dont elles ont besoin? Les professeurs leur porteront-ils une attention particulière?

Julie a très peur que les autres élèves rient d’elle à cause de ses lunettes très épaisses. Elle a aussi peur de ne pas être capable de lire ce que le professeur écrira au tableau. À l’école pour les personnes aveugles, les professeurs n’utilisaient que des manuels dont les caractères étaient gros. Pourrait-elle en avoir un dans la nouvelle école?

Sophie est contente de retourner vivre à la maison auprès de sa famille. Cependant, elle est inquiète au sujet de son apprentissage du braille. La nouvelle école aura-t-elle des professeurs qui connaissent le braille? Des manuels scolaires écrits en braille seront-ils disponibles? Pourra-t-il avoir un ordinateur dont les touches sont en braille?

Discussion

  1. L’article 7 de la Charte doit-il inclure le droit à l’éducation?
  2. La fermeture de l’école pour les personnes aveugles brimera-t-elle le droit à l’éducation?
  3. S’il y a un droit à l’éducation et que la fermeture de l’école contrevient à ce droit, qu’est-ce que l’article 7 devrait comprendre?
  4. La fermeture de l’école est une discrimination selon l’article 15 de la Charte?
  5. La fermeture de l’école contrevient-elle au Saskatchewan Human Rights Code?

6. Les punitions corporelles

Objectifs :

  1. Évaluer les règles de l’école.
  2. Identifier les violations aux droits de la personne.

L’article 12 de la Charte prévoit :
Chacun a droit à la protection contre tous traitements ou peines cruels et inusités.

La définition d’un traitement cruel ou inusité change avec l’évolution de la société. Il y a longtemps, il était acceptable de pendre les sorcières et de fouetter les prisonniers. Il y a maintenant des lois qui interdisent ces traitements.

Il y a des lois qui permettent aux professeurs d’utiliser des punitions corporelles (la ceinture). En Saskatchewan, l’article 152 de la Loi sur l’éducation prévoit que les élèves sont sujets à la discipline de l’école. L’article 43 du Code criminel permet aux parents et à l’école d’utiliser la force pour punir les enfants.

Si la cour décidait que les punitions corporelles étaient cruelles et inusitées, la Loi sur l’éducation n’aurait plus en vigueur.

Activité

Demandez aux élèves de lire l’étude de cas. Demandez à la moitié de la classe de défendre le cas des parents de Marie qui disent que les punitions corporelles sont cruelles et inusitées. Demandez à l’autre moitié de défendre l’école qui est en faveur des punitions corporelles.

Étude de cas 4 : les punitions corporelles

Marie a neuf ans et a la réputation d’être violente. Lorsqu’un camarade de classe a refusé de lui prêter ses notes, elle l’a frappé. Le directeur de l’école a convoqué Marie dans son bureau et lui a demandé de montrer l’intérieur de ses mains afin qu’il puisse lui donner des coups de ceinture. Marie a refusé et a dit que son père avait dit : «Le directeur est mieux de se tenir tranquille!» Le directeur a demandé à un professeur de venir assister aux coups de ceinture infligés à Marie.

Les parents de Marie étaient fâchés et ont intenté une action contre l’école en disant que les coups de ceinture sont cruels et inusités.

Discussion

Pensez-vous que les punitions corporelles sont cruelles et inusitées? Est-il nécessaire de corriger le comportement des élèves? Pourquoi les lois permettent-elles de punir physiquement les enfants mais pas les adultes? Est-ce juste?

Annexe 1 : La Déclaration universelle des droits de l’homme

Annexe 2 : La Convention relative aux droits de l’enfant

Annexe 3 : La Charte canadienne des droits et libertés de la personne