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Prix honorifiques

Prix honorifique Mercure

Prix honorifique Turgeon

Ce prix est attribué à un juriste francophone qui fait preuve d’un dévouement exceptionnel à l’avancement des droits des francophones. Le prix Ferdinand Alphonse Turgeon a été créé à la mémoire de feu William Ferdinand Alphonse Turgeon.

Celui-ci débute sa carrière en mars 1903 à Prince Albert. Me Turgeon plaide et gagne sa première cause importante devant la Cour Suprême dès le mois de juin. En 1907, il est nommé procureur général de la Saskatchewan, ce jeune procureur se voit attribué de rédiger le corpus des lois de la nouvelle Province. Le 13 mars 1921, il est nommé à la Cour d’Appel de la Saskatchewan et il devient juge en chef en 1938 jusqu’en 1941. À l’âge de 64 ans, il accepte l’invitation du Gouvernement canadien de se joindre au corps diplomatique canadien. Successivement ambassadeur en Argentine, au Chili, au Mexique, en Belgique, en Irlande et au Portugal. Il prend sa retraite bien méritée en 1956 à l’âge de 80 ans.

*« Ferdinand-Alphonse Turgeon a été un ardent défenseur des franco-catholiques. Dans la lutte pour la prévention de leurs droits scolaires, les franco-catholiques de la Saskatchewan n’ont pas eu de représentant plus habile et d’allié plus précieux que William Ferdinand-Alphonse Turgeon, deuxième procureur général de la Saskatchewan.»

Ce prix est présenté dans le cadre de l’Assemblée annuelle de l’Association des juristes d’expression française de la Saskatchewan.

*Source : LAPOINTE Richard, 100 NOMS, Petit dictionnaire biographique des Franco-Canadiens de la Saskatchewan., La Société historique de la Saskatchewan 1988.

Récipiendaires

2019, l'honorable Guy Chicoine

2019, l'honorable Guy Chicoine

Remis à l'honorable Guy Chicoine lors du banquet célébrant le 30e anniversaire de l'AJEFS qui a eu lieu le 5 octobre 2019 au Carrefour des Plaines à Regina.

« L’honorable juge Guy Chicoine vient tout juste de prendre sa retraite comme juge de la Cour du Banc de la Reine dès le 30 septembre 2019. Il est originaire du Village de Storthoaks, 8e né d’une famille de douze enfants. Il a fréquenté l’école secondaire à Carnduff. En 1973 il s’est inscrit au Collège St-Thomas More à l’Université de la Saskatchewan à Saskatoon où il a obtenu un Baccalauréat en arts avec spécialisation en sciences politiques en 1976 cum laude. Le Juge Chicoine s’est ensuite inscrit au Collège de droit à Saskatoon et il a reçu son Baccalauréat en droit en 1979. Il a effectué son stage chez Hill, McLellan, Ball, Cundall and Bridges à Estevan et il a été admis au Barreau de la Saskatchewan en 1980. Il continuera à travailler pour le même cabinet pour cinq ans. En 1985, il a établi le cabinet Chicoine and Billesberger, toujours à Estevan. Pour les prochaines 17 ans il a exercé le droit général, consacrant une grande partie de son temps au droit de la famille, le droit pénal, le droit commercial, et en gestion des successions, entre autres domaines.

Le juge Chicoine a été membre de l’ancien Comité du Tribunal des droits de la personne de 1995 à 1997 et a été nommé un des cinq membres du Tribunal canadien des droits de la personne en 1998 pour un mandat de trois ans.

En décembre 1999, le juge Chicoine a été nommé conseiller de la reine par le gouvernement de la Saskatchewan.

En octobre 2002, le juge Chicoine a été nommé juge de la Cour provinciale de la Saskatchewan siégeant à Estevan. Il ne restera pas longtemps comme juge de la Cour provinciale.

En octobre 2003, il a été nommé juge de la Cour du Banc de la Reine avec résidence dans la ville d’Estevan. Même que le juge Chicoine prenait soins principalement des affaires originaires du centre judiciaire d’Estevan et de Weyburn, il siégea souvent à d’autres centres judicaires dans la province, surtout à Regina, Saskatoon, Moose Jaw, et Yorkton. Dès sa nomination et pour les prochains neuf ans, le juge Chicoine était le seul juge du Banc de la Reine en mesure de siéger dans les instances où une des parties désirait exercer ses droits à un procès français. Le juge Chicoine démontrait ses compétences linguistiques telles qu’il pouvait mener un procès en français sans interprétation. Il a présidé de nombreux procès en français en litige civil, en droit de la famille, et en droit pénal.

Le juge Chicoine s’est toujours impliqué dans les organismes professionnels et communautaires.

Comme avocat, le juge Chicoine était membre actif de l’Association du Barreau Canadien. Il a été élu membre du conseil national de l’ABC comme représentant de la division de l’ABC de la Saskatchewan entre 1986 et 2002. Il est devenu membre du Comité national des résolutions des statuts et des règlements de l’ABC en 1996 et président du Comité pendant deux ans.

Au niveau communautaire, le juge Chicoine a été membre actif des Chevaliers de Colomb et du Club Kinsmen. En 1988, il a été élu et a présidé le Conseil scolaire des écoles séparées d’Estevan. Il a été réélu trois fois de suite et continua à présider jusqu’à l’année 2000. Durant cette période, le Conseil scolaire des écoles séparées d’Estevan a assisté à l’épanouissement du programme d’immersion française de la maternelle à la douzième année.

Le juge Chicoine était membre de l’AJEFS depuis la fondation de l’association en 1989. Comme membre, Il a contribué de plusieurs façons pour améliorer l’accès à la justice en français en participant comme bénévole lors des activités de l’AJEFS. Depuis quelques années, le juge Chicoine avait dû se récuser comme membre pour éviter tout risque de conflit d'intérêt lorsqu’il siégeait dans une cause concernant les écoles francophones et le gouvernement de la Saskatchewan.

Maintenant que l’AJEFS souligne son 30e anniversaire, nous tenons à souligner la contribution d’un homme qui a excellé dans ses fonctions et qui a apporté son apport remarquable à la communauté juridique francophone.»

Présenté par Me Romain Baudemont, membre du CA de l'AJEFS.

MOT DE REMERCIEMENT

Merci à l’AJEFS de m’accorder le Prix Turgeon. C’est un honneur. Je l’accepte avec humilité.

Le site Web de l’Association nous dit que William Ferdinand Alphonse Turgeon était un ardent défenseur des franco-catholiques. Dans la lutte pour la prévention de leurs droits scolaires, les franco-catholiques de la Saskatchewan n’ont pas eu de représentant plus habile ni d’allié plus précieux que lui.

Je suis très conscient que mes efforts personnels en faveur des droits des francophones et des francophiles en Saskatchewan ne sont pas comparables à ceux de ce grand pionnier, mais ça me fait plaisir quand même de savoir qu’en m’accordant le Prix Turgeon, vous m’avez mis en compagnie de ces autres récipiendaires méritants, incluant l’Honorable Juge Michel Bastarache, l’Honorable Juge Allyre Sirois, Maître Roger Lepage et Maître Rupert Baudais.

Je veux aussi donner hommage à nos parents qui ont lutté pour que leurs enfants puissent avoir une éducation dans la langue française. C’était tout un défi dans le temps de nos parents et grands-parents, et ce l’est même aujourd’hui. Quoi que nos droits linguistiques aient évolué, surtout après que la Charte canadienne des droits et libertés a été enchâssée dans la Constitution canadienne, nous ne devrions pas cesser de demander nos gouvernements fédéral et provincial de respecter et de supporter l’usage du français dans toutes nos institutions civiles, incluant les cours de justice. Nous réussirons à maintenir nos droits linguistiques seulement si l'on fait l’effort d’utiliser le français le plus possible. Le défi ne cesse jamais. C’est maintenant à nous la responsabilité non seulement de maintenir, mais d’améliorer les gains déjà réalisés pour que nos communautés françaises restent vivantes et vibrantes aujourd’hui et dans le futur.

Hon. Guy Chicoine

2009, Me Rupert Baudais

Ce prix a été remis à Maître Rupert Baudais lors du banquet célébrant le 20e anniversaire de l’AJEFS qui a eu lieu le 7 mars 2009 au Carrefour des Plaines à Regina.

« Nous sommes heureux de vous offrir mes nos félicitations pour votre désignation à l’obtention du « Prix honorifique Turgeon 2009 ». Nous désirons par l’entremise de ce prix, souligner votre travail exceptionnel à l’avancement de grands dossiers juridiques contribuant à l’accès à la justice en français en Saskatchewan. Nous tenons à vous remettre ce prix honorifique pour souligner le dévouement exceptionnel et la détermination dont vous avez toujours fait preuve concernant le développement et la promotion des droits des fransaskoises et des fransaskois. »

Me Peter Bergbusch
Président

2006, Me Roger Lepage

Me Roger Lepage est un avocat reconnu auprès de la communauté fransaskoise. Il est un avocat très dévoué et impliqué dans le domaine des droits linguistique ainsi qu'auprès des communautés francophones de partout au Canada.

Me Lepage a fait valoir le droit des accusés à un procès dans la langue de la minorité, en vertu de l'article 530 du Code criminel. En effet, en 1985 à Gravelbourg, il était l'avocat de la défense dans le premier procès criminel en français en Saskatchewan, soit R. c. Tremblay. Puis en 1988, il a représenté le Père Mercure à la Cour suprême du Canada.

Il a toujours déployé des efforts afin que les fransaskoises et les fransaskois obtiennent la gestion de leurs écoles. En 1988 et en 1991, il représente la Commission des écoles francophones contre le gouvernement de la Saskatchewan. En 1998, il est membre du comité de mise en œuvre pour amender la Loi de 1995 sur l'éducation pour établir un Conseil scolaire fransaskois provincial. Il plaide aussi plusieurs causes devant les tribunaux de la Saskatchewan pour faire reconnaître les droits des ayants droits afin qu'ils obtiennent des locaux convenables et équitables pour l'éducation de leurs enfants.

Me Lepage est aussi l'avocat pour les francophones du Yukon et des Territoires-du-Nord-Ouest pour faire valoir les droits à l'enseignement en français en vertu de l'article 23 de la Charte. En septembre et octobre 2005, il est l'avocat leur avocat pendant un procès de deux mois afin de faire valoir le droit de la minorité franco-ténoise à recevoir des services gouvernementaux en français des deux paliers de gouvernements, en vertu des articles 16 et 20 de la Charte.

Au fil des ans, Roger a su se pourvoir d'une réputation nationale dans le domaine des droits linguistiques. On lui demande souvent d'être conférencier aux colloques touchant les questions linguistiques. Et par son implication dans diverses associations, il démontre son leadership au niveau national.

En terminant, j'aimerais souligner que Roger est un des membres fondateur de l'AJEFS et président de la Fédération des juristes d'expression française de commom law, il s'est fait amis et alliés un peu partout au Canada. C'est grâce à son amour pour la cause des minorités francophones qu'il s'est forgé au fil des ans des relations de travail et d'amitié avec des gens qui partagent cette même passion.

Présenté par Monsieur le juge Albert Lavoie, le 11 mars 2006

MOT DE REMERCIEMENT

Merci à l'AJEFS de m'accorder cet honneur, le Prix Turgeon. Je l'accepte avec humilité. Je me sens béni et choyer car je ne fais que ce que dois faire un avocat, ce qui me passionne. Je suis très reconnaissant d'avoir pu contribuer à l'avancement des droits linguistiques au Canada.

J'ai eu la piqûre très tôt dans ma jeunesse. Né à Vonda dans une famille engagée et élevé à Montmartre j'ai vécu le désir de vivre en français mais j'ai vite constaté l'impact de l'assimilation. Je me suis impliqué lors de mes études universitaires à la mise sur pied d'un mouvement jeunesse fransaskois qui est devenu l'AJF en 1974. J'en fus le premier employé dans le sud de la Saskatchewan.

J'ai retourné aux études convaincu que je devais devenir avocat pour aider mes concitoyens. C'est après ma première année de droit à l'Université d'Ottawa que j'ai fait connaissance du Père Mercure à Edmonton. J'ai vécu chez lui pour un été. Lorsque j'ai commencé la pratique du droit au Regina Legal Aid en 1978, j'ai pu participer avec André Nogue à l'étude de l'article 110 des TNO. L'ACFC cherchait un candidat pour monter un cas type afin de faire valoir la portée de l'article 110. Le père Mercure, avec son pied lourd traditionnel, ne s'est pas fait prier longtemps. Me Raymond Blais l'a habilement représenté au procès et en Cour d'appel. Lorsque le dossier est monté à la Cour suprême du Canada en 1986, j'ai eu l'honneur de prendre le dossier avec Me Michel Bastarache.

En 1985 j'ai aussi eu le privilège de mener le dossier Tremblay pour faire le premier procès criminel en français en Saskatchewan.

Le gouvernement de la Saskatchewan a essayé de faire échec à cette percée des droits linguistiques. J'ai représenté l'ACFC dans le renvoi en Cour d'appel avec succès. Suite à cela, chaque province a passé la loi nécessaire pour permettre des procès criminel en français.

Il faut reconnaître que les droits linguistiques ont beaucoup évolué depuis la Commission B & B de 1966, la Loi sur les langues officielles 1969, la Charte 1982, la Loi sur les langues officielles 1988, les arrêts de la Cour suprême du Canada (Blaikie, Forest, Mercure, gestion scolaire) et l'activisme des tribunaux grâce à la Charte.

Comme minoritaire, la Charte et les tribunaux sont des armes incontournables. Ces armes nous permettent à palier au fait qu'on n'a pas les nombres pour faire voter des lois.

Tout le travail que j'ai pu accomplir ne se fait pas seul. J'ai constamment fit partie d'une famille, d'une paroisse et d'une communauté qui a su m'alimenter et me ressourcer. Je veux donc partager cet honneur que vous m'accorder ce soir avec ma conjointe Sylvie, mes enfants, Marissa et Colin, mes parents, Louis et Gabrielle, et mes frères et sœurs. Je remercie la communauté francophone de m'avoir accordé leur confiance.

I also want to take this opportunity to thank my law firm, Balfour Moss for their continuing support since 1985. I am sure that at times my partners wondered what kind of situation they had gotten into.

Je veux aussi encourager les gens à utiliser et à revendiquer des communications et des services en français de leur gouvernement fédéral, provincial et municipal. Sans cet effort constant il n'y a pas de communauté vivante et vibrante. Être minoritaire est voué à la vigilance constante. Même l'action d'un seul individu peut enclencher toute une série d'événements, pensez au Père Mercure.

Je veux remercier Florent Bilodeau, le récipiendaire du Prix Mercure. J'ai aussi eu le privilège de travailler comme jeune parent à l'obtention de la gestion scolaire. En 1986 nous avons déposé un recours judiciaire qui a abouti au jugement favorable de 1988 et l'appel en Cour d'appel de 1991.

J'ai pu travailler à la rédaction de la loi scolaire et aussi être le premier président du CGEF. J'ai pu œuvrer avec des Florent Bilodeau à la construction d'un réseau d'école.

Lorsqu'on nous bloquait la route, il fallait retourner devant les tribunaux, tel qu'à Zenon Park pour l'obtention d'une nouvelle école ou pour obtenir le niveau de financement garanti par l'article 23; le dossier FFT pour des services et communications en français du gouvernement fédéral et territorial en 2005.

Dans toutes ces démarches, les vrais héros étaient les clients.

Il fallait jamais que j'oublie que le droit doit toujours être au service de la communauté. Le droit doit être un outil qui permet à un individu ou à une communauté de se développer et de s'épanouir. C'est un mécanisme démocratique qui permet de résoudre des différences d'opinion et de faire évoluer le droit et la politique en faveur des minorités.

Me Roger J.F. Lepage

2005, l’honorable Allyre Sirois

L'honorable Allyre Sirois est né à Vonda en 1923. Il a fait ses études au Collège Anthony d'Edmonton ainsi qu'au Radio College of Canada à Toronto. En 1948, il a été bachelier ès Arts de l'Université de la Saskatchewan. En 1950, il est diplômé en droit et passe son examen du Barreau de la Saskatchewan en 1951.

Durant la seconde guerre mondiale, il s’engage de 1941 à 1945. De 1951 à 1964, il pratique le droit à Gravelbourg, et en 1964, il occupe les fonctions de juge à la Cour du Banc de la Reine. Monsieur Sirois a été président pendant dix ans de la commission scolaire de 1953 à 1963 et président de l'Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan (ACFC) de 1963 à 1964.

Me Roger Lepage, le samedi 5 février 2005

2003, l’honorable Michel Bastarache

Me Rupert Baudais présente l’honorable Michel Bastarache, juge à la Cour suprême du Canada

Nous avons le privilège ce soir d’accueillir l’honorable Michel Bastarache, juge à la Cour suprême du Canada depuis octobre 1997 et avant cela, juge à la Cour d’Appel du Nouveau Brunswick. Il est accompagné ce soir de son épouse Yolande, à qui nous souhaitons également la bienvenue.

L’honorable Michel Bastarache est natif de la ville de Québec. Sa mère est originaire de Chicoutimi, son père de l’Acadie. Il passe toute son enfance et son adolescence à Moncton.

Le juge Bastarache a obtenu sa licence en droit de l’Université de Montréal en 1970, une licence d’études supérieures en droit public de l’Université de Nice en 1972 ainsi qu’un diplôme en common law de l’Université d’Ottawa en 1978. Il a aussi enseigné le droit à l’Université de Moncton, et a été doyen de cette faculté de droit ainsi que doyen associé pour la section du common law à la Faculté de Droit de l’Université d’Ottawa quelques années plus tard. Sa maîtrise des deux grands systèmes de droit au Canada, le droit civil et la common law, sont remarquables et sa nomination au plus haut tribunal de notre pays est bien méritée.

Les décisions de l’honorable Juge Bastarache à la Cour suprême du Canada sur les droits linguistiques des francophones, par exemple dans les domaines du droit pénal et concernant le droit constitutionnel des minorités francophones à gérer leurs établissements d’enseignement, sont parmis les plus importantes décisions de la Cour suprême pour nous dans les dernières années. Mais il faut aussi mentionner autre chose afin de mieux connaître notre conférencier de ce soir.

Car Michel Bastarache est plus qu’un juriste de compétence exceptionnelle. Il est aussi un homme de conviction qui a desservi la minorité francophone de plusieurs façons à différents moments de sa vie. Comme traducteur juridique, comme auteur d’un volume sur les droits linguistiques, comme secrétaire général de la Société des Acadiens, comme cadre supérieur pour l’Assomption compagnie mutuelle d’assurance, et au début des années 1980, à la direction générale de la promotion des langues officielles au Secrétariat d’État du Canada. Beaucoup d’autres réussites mériteraient d’être mentionnées, mais le temps nous manquerait pour tout dire.

Me Rupert Baudais, le 8 février 2003

Prix honorifique Mercure

Ce prix honorifique est remis en mémoire du Père André Mercure. Le Père Mercure, un homme déterminé et loyal, décide en 1980, grâce à une contravention de vitesse rédigée en anglais, de faire reconnaître les droits des fransaskois et des fransaskoises en contestant et exigeant un procès en français. Il est décédé avant que la cause ne soit entendue à la Cour suprême du Canada. L'Association culturelle franco Canadienne (ACFC), aujourd'hui devenue l'Assemblée communautaire fransaskoise (ACF), poursuit alors le dossier et gagna la cause en 1988.

Ce prix est décerné à une personne non juriste qui bénévolement a offert son temps et son dévouement pour le respect et la défense des droits des citoyens.

Récipiendaires

Me Roger Lepage, Gérard Leblanc,
Me Rupert Baudais et Roger Gauthier
2003

Monsieur Gérard Leblanc a été impliqué activement au sein du mouvement de parents provincial et national pour revendiquer les droits à la gestion scolaire en Saskatchewan. Il a joué un rôle clé dans les revendications politiques et juridiques.

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Madame Irène Chabot
2004

Madame Irène Chabot a travaillé à faire avancer la cause Mercure jusqu’à la Cour Suprême du Canada. Au fil des ans, on retrouvera Irène au Comité consultatif canadien de la situation de la femme et elle siégera au Programme de contestation judiciaire. Récipiendaire de l’Ordre des francophones d’Amérique, l’Ordre de la francophonie et du dialogue des cultures de l’Assemblée internationale des parlementaires de langue française et membre de la Compagnie des Cent-Associés francophones.

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Monsieur Albert Dubé
2005

Monsieur Albert Dubé a occupé plusieurs postes au sein des associations fransaskoises. Il a joué un rôle déterminant dans la relance de l’hebdomadaire l'Eau vive. Son oeuvre au sein de la communauté fransaskoise a été également récompensé par l'Ordre des francophones d'Amérique et l'Ordre national du mérite.

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Monsieur Florent Bilodeau
2006

Monsieur Florent Bilodeau est un homme de foi d'écoute active, un pédagogue, un défenseur et un bâtisseur entièrement dévoué au mieux-être de sa communauté et à la sauvegarde de sa langue. Il a été également reçu membre de l'Ordre des francophones d'Amérique.

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Monsieur Gustave Dubois
2008

Hommage posthume à Monsieur Gustave Dubois qui a œuvré à la défense des droits linguistiques en matière scolaire et pour son dévouement à l’épanouissement de l’éducation en français en Saskatchewan.

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Monsieur Roger Gauthier
2009

Monsieur Roger Gauthier a fait preuve de dévouement et de détermination concernant le développement et la promotion des droits des fransaskoises et des fransaskois, notamment comme meneur et facilitateur dans l’avancement de grands dossiers tels que la gestion scolaire.

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Monsieur René Archambault
2011

Monsieur René Archambault, éducateur de formation, il a consacré toute sa carrière à l’éducation, et à l’éducation française en particulier. Sans son appui, sa sagesse, son habileté et son savoir-faire, il est difficile de concevoir comment la gestion scolaire aurait pu se réaliser dans de meilleures conditions.

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Monsieur Raoul Granger
2012

Monsieur Raoul Granger est un des pionniers fransaskois pour la défense des droits linguistiques en matière d’éducation en français en Saskatchewan. Il a contribué à la mise sur pied d’une véritable gestion des écoles par les francophones pour les francophones.

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Prix honorifique Mercure, Monsieur Wilfrid Denis 2019

Monsieur Wilfrid Denis 2019

Monsieur Wilfrid Denis, sociologue et professeur émérite, il a été un témoin expert lors du procès de 1987 pour la gestion scolaire. Les parents ont gagné le droit à des écoles francophones et la gestion de ces écoles. Depuis sa retraite en 2014, il poursuit toujours ses recherches sur les droits des minorités linguistiques au Canada et surtout sur l’article 23 de la Charte.

Prix honorifique Mercure, Monsieur Wilfrid Denis 2019

Prix honorifique Mercure, Monsieur Wilfrid Denis 2019

Avant de vous présenter le lauréat du Prix Mercure 2019, je veux vous rappeler ce qu’est le Prix Mercure. C’est un prix honorifique remis en mémoire du Père André Mercure de North Battleford, en Saskatchewan. Le Père Mercure était un homme déterminé et loyal à la communauté francophone. Il décide en 1980, grâce à une contravention de vitesse rédigée en anglais, de faire reconnaitre le droit des fransaskois et des fransaskoises au service juridique en français. Il a donc accepté l’invitation de l’ACFC de prêter son nom pour exiger un procès en français et des lois en français. Malheureusement, il est décédé avant que la cause ne soit entendue par la Cour suprême du Canada. L’Association culturelle franco-canadienne, l’ACFC, aujourd’hui devenue l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF) a poursuit le dossier et gagna la cause en Cour suprême du Canada en 1988.

Le Prix Mercure est décerné à une personne non-juriste qui, en tant que bénévole et membre de la communauté francophone, a offert son temps et ses talents pour faire avancer l’accès à la justice en français en Saskatchewan et au Canada. C’est aussi pour reconnaitre une personne qui a œuvré durant sa carrière au développement et à l’épanouissement de la minorité francophone du Canada.

C’est un honneur pour moi de vous présenter le lauréat pour le Prix Mercure 2019, le Dr Wilfrid Denis, sociologue. Personnellement, je connais Wilfrid Denis depuis 1972. À l’époque, il travaillait à l’ACFC comme animateur afin de mettre sur pied une association jeunesse fransaskoise. J’ai eu le plaisir de travailler avec lui pour organiser des ralliements jeunesse fransaskois dans le sud de la province. Par la suite, il a poursuivi son éducation universitaire en sociologie. J’ai poursuivi mes études en droit. Nos chemins se sont croisés à nouveau lorsque les jeunes parents francophones ont exigé la mise sur pied d’écoles françaises langue première partout en province. Les parents ont tenté de convaincre le gouvernement provincial que l’article 23 de la Charte leur accordait le droit à des écoles françaises et non des écoles bilingues. Il a fallu aller en cours pour les obtenir. Dr Denis était un témoin expert lors du procès de 1987 à Regina. Les parents ont gagné le droit à des écoles francophones et la gestion de ces écoles.

Par la suite, en 2010, j’ai eu à faire encore appel au Dr Denis pour témoigner comme expert dans des dossiers scolaires aux Territoires du Nord-Ouest et au Yukon. Encore en 2014, il a accepté de faire de la recherche comme expert pour des dossiers juridiques toujours en marche en province.

Originaire de St-Denis, en Saskatchewan, Wilfrid a enseigné à l’Université de la Saskatchewan dans le domaine de la sociologie pendant 37 ans. Professeur émérite depuis sa retraite en 2014, il poursuit toujours ses recherches sur les droits des minorités linguistiques au Canada et surtout sur l’article 23 de la Charte.

Wilfrid a contribué à la communauté fransaskoise à multiples niveaux, tel que député de l’ACF pour Saskatoon de 2001 à 2006, président par intérim de l’ACFC en 2003, à la Fondation fransaskoise en tant que conseiller et à la présidence, comme conseiller scolaire au Conseil scolaire fransaskois de 1994 à 1997 et à divers postes à la Fédération des francophones de Saskatchewan, dont en autre à la présidence du comité de prélèvement de fonds de 2004 à 2012.

C’est donc un énorme plaisir pour moi de présenter le Prix Mercure 2019 au Dr Wilfrid Denis.

Me Roger Lepage, le 5 octobre 2019

Mot de remerciement

Merci très sincèrement à l'AJEFS pour cet honneur. Je l'accepte en toute humilité. Je le reçois personnellement mais pas pour célébrer mon rôle comme tel. Plutôt, j'y vois la reconnaissance et la célébration de la communauté fransaskoise car on ne travaille jamais seul. On ne réussit pas seul.

De 1976 et 1979, mon épouse, Jeannine, et moi sommes déménagés à Ottawa pour poursuivre nos études universitaires. À notre retour, on s'est vite aperçu qu'on n'avait pas suivi les développements dans la communauté fransaskoise. Certains leaders parlaient maintenant de gestion scolaire, de contrôler nos écoles. Je reconnais que je n'avais pas suivi cette évolution.

Je croyais qu'ils rêvaient en rose. Les Fransaskois avaient perdu le contrôle de leurs écoles en 1944 avec le Larger School Unit Act. Pour moi, créer et contrôler nos propres écoles semblait très irréaliste. Mais avec un jeune poupon dans les bras et en attente d'un deuxième, mon épouse et moi avons décidé de s'engager dans "la cause".

Nous avons épaulé ceux qui marchaient devant nous, les Gustave Dubois, Raoul Granger, Gérard Leblanc, eux aussi récipiendaires du Prix Mercure. Mais le leadership est communautaire, alors la reconnaissance de ces leaders est partagée aussi avec les générations précédentes dont les noms et les luttes remontent à plus d'un siècle. Pour les jeunes et les nouveaux arrivants d'aujourd'hui, sachez que le travail n'est pas fini. On est plus qu'heureux de partager le flambeau avec vous.

Comme je disais plus tôt, on ne travaille jamais seul. Une composante importante, un support indéfectible à ces luttes est la famille. Je reconnais mon épouse, Jeannine, qui a été d'un appui inestimable tout au long de ma carrière. Je reconnais et remercie mes trois garçons, Jacques, Gilles et André, pour les soirées, les fins de semaines, les préoccupations qui brouillent le sommeil et nous laissent un peu trop impatient le lendemain, Sans vous quatre, je n'aurais jamais pu contribuer de la façon dont je l'ai fait. Ce Prix Mercure est autant à vous, à la communauté, qu'à moi. En votre nom, merci à l'AJEFS.

Wilfrid Denis, le 5 octobre 2019